‹ DrameChapitre 94 sur 97 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LA TISBE; CATARINA, dans ralcôre.

LA TISBE.

Je pense qu'il n'y à plus très-long-temps à attendre. — Elle ne voulait pas mourir. Je le comprends , quand on sait qu'on est aimée ! — Mais autrement , plutôt que de vivre sans son amour «

9e Urarnant Terslefit

-^^ oh ! tu serais morte avec joie , n'est-ce pas? — Ma tète brûle. Yoilà pourtant trois nuits que je ne dors pas. Avant-hier, cette fête; hier, ce rendez-vous où je les ai surpris; aujourd'hui...— Oh! la nuit prochaine , je dormirai !

Elle jette un ooup d*œil sur les toilettes de théAtre ôparses autour d*eUe.

— Oh oui! nous sonmies bien heureuses nous autres ! On nous applaudit au théâtre. Que vous avez bien joué laRosmonda, madame! Les imbéciles!

Oui , on nous admire , on nous trouve belles, on

476 ANGELa

nous couvre de fleurs, mais le cœur saigne dessous. Oh! Rodolfo! Rodolfo! Croire à son amour, c'était une idée nécessaire à ma irie ! Dans le temps où j*y croyais , j'ai souvept pensé que si je mourais je voudrais mourir près de lui , mourir de telle façon qu'il lui fïît impossible d'arracher ensuite mon souvenir de son âme , que mon ombre restât à jamais à côté de lui , entre toutes les autres femmes et lui! Oh! la mort, ce n'est rien. L'oubli, c'est tout. Je ne veux pas qu'il m'oublie. Hélas ! voilà donc où j'en suis venue ! Voilà où je suis tombée ! Voilà ce que le monde a fait ponr moi! Yoilà ce que Tamour a fait de moi !

CUe Ta au lit , écarte les rideaux, fixe quelques instants sod regard sur Gatarina immobile, et prend le émcifix.

— Oh ! si ce crucifix a porté bonheur à quelqu'un dans ce monde , ce n'est pas à votre fille , ma mère!

Elle pose le crudfix sur la table. La petite porte masquée s'ouTrc.

Entre Rodolfo.

JOURNÉE m, PARTIE II, SCÈNE III. 177

Page 1