‹ DramesChapitre 15 sur 308 · C.ir, voilà les hommes... que j'aille au milieu · texte numérisé non relu

C.ir, voilà les hommes... que j'aille au milieu

d'eux, qu'écrasé de douleurs je tombe sur une place publique, que je découvre à leurs yeux béants et avides la blessure de ma poitrine et les cicatrices démon bras, ils diront: Oh ! le malheureux, il souffre: carlà, pour leurs yeux vulgaires, tout sera visible, sang et blessure... etils s'approcheront... et par pitié pour une souffrance qui, demain, peut être la leur, ils me secourront... mais que, trahi dans mes espérances les plus divines... blasphémant Dieu, l'âme déchirée et le cœur saignant, j'aille me rouler au milieu de leur foule, en leur disant : Oh ! mes amis, pitié pour moi, pitié ! je souffre bien... je suis bien malheureux!... ils diront: C'est un fou, un insensé; et ils passeront en riant...

ADÈLE, essayant de dégager sa main.

Permellez...

AIVTOIVY.

Et c'est pour cela que Dieu a voulu que l'homme ne pût pas cacher le sang de son corps sous ses vêtements, mais a permis qu'il cachât les blessures de son âme sous un sourire. — (Lui écartant tes mains.) Regarde-moi en face. Adèle... Nous sommes heureux, n'esl-cc^pas?...

ADÈLE

Oh ! calmez-vous ; agité comme vous l'êtes, comment vous transporter chez vous?...

AINTONY.

Chez moi me transporter!... vous allez donc... Ah! oui, je comprends...

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