‹ DramesChapitre 185 sur 308 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

Et que mon cœur divin contient assez de larmes, Pour pleurer un mortel pendant l'éternité.

(7^/ disparaît.) DOS JUAN, se levant.

Oui, oui, je sais bien que la chose est scabreuse, et que peut-être il vaudrait mieux pour mon salut éternel...

{Il s'assied de l'autre côté du théâtre.)

LE MAUVAIS ANGE, apparaissant derrière lui. N'écoule pas, don Juan, cette voix insensée ; Es-tu d'âge à tourner ta joyeuse pensée Vers ce ciel dont toujours les portes s'ouvriront ? Ta vie en est encore à ses heures frivoles. Tu te rappelleras ces austères paroles, Quand sur ton front ridé tes cheveux blanchiront.

Marche, marche plutôt dans ta puissante voie. Enivre-toi d'amour, de bonheur et de joie. Qu'est-ce que ce bonheur que l'on dit éternel, Près de ces voluptés dont tu sais le mystère?

Crois-moi, les heureux de la terre.

Don Juan, sont les élus du ciel !

Il est vrai que les saints riraient de leur conquête S'ils te voyaient, jetant ta couronne de fête, Quitter la table avant qu'arrive le dessert; El, la lèvre de vin et de baisers rougie. Te lever au milieu de ta royale orgie, Pour aller adorer le Seigneur au désert.

(fi disparaît.) PAQUiTA , rentrant.

Encore ici, monseigneur !....

DON JUATV.

Oui, je t'attendais pour le dire une chose.

PAQOITA.

Laquelle ?

Que jamais fiancé n'est venu plus à temps...

PAQCITA.

Pour reprendre sa maîtresse?

Non, pour se voir enlever sa femme.

(Il sort en riant.) PAQUiTA, le suivant des feux.

Si cet homme n'est pas le démon, c'est au moins la créature humaine qui lui ressemble le plus.

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