ACTE m, SCÈNE IV
BON SANDOVAl.
Henriquez, donnez les cartes !
( Henriquez donne les cartes. ) DON JUAN, montrant Vas qui lui est échu. Votre maîtresse est à moi, don Sandoval.
DON SANDOVAL
Gomès, du papier, de l'encre, des plumes !
GOMÈS
Voilà, Votre Honneur.
DON SANDOVAL, écvit, plie et cacheté.
Faites porter cette lettre à dona Inès d'Almeida, place Mayor.
Que lui dites-vous?
DON SANDOVAL
Qu'un accident m'empêche d'aller chez elle comme de coutume, et que je l'attends ici; les dettes de jeu se payent dans les vingt-quatre heures.
Et ce second billet?
DON SANDOVAL
Vous le lui remettrez vous-même.
Il dit?
DON SANDOVAL
Lisez !
DON JUAN, lisant.
» Madame,
» Je vous ai jouée et je vous ai perdue : vous » appartenez maintenant au seigneur don Juan de
112 D07( Jl<A!f DE 3IARAT(A.
:• Marana, à qui je cède tous mes droits sur vous ; !> j'espère que vous feruz iionneur à ma signature. » Boy Sasdoval d'Ojedo. -.>
my sa:»dotai.
Maintenant, seigneur don Juan, écoulez un avis qu'il est de mon honneur de vous donner : dona Inès est une véritable Espagnole, hautaine et jalouse, portant toujours un poignard de Tolède à sa jarretière, et une fiole de poison à sa ceinture ; gardez-vous de l'un et de l'autre.
voy jxjky.
Merci, mais à mon tour un mot, don Sandoval : votre dernier enjeu valait mieux que tout ce que j'aurais pu mettre contre lui. Reprenez donc , je vous prie, cette bourse et cette agrafe; quant au manoir de vos pères, je suis un fils trop pieux pour vous en déshériter.
Do:s SANDOVAL, donnant la bourse et l'agrafe à ses amis.
Tenez, Pedro, tenez, Henriquez, prenez ceci en mémoire de moi ; mon château d'Almonacii est à vous, don Fadrique; messieurs, vous attesterez que je le lui ai vendu.