SCENE VIL
INÈS, seule.
0 Sandoval, Sandoval!... c'est bien infâme de me traiter ainsi , comme on fait d'une courtisane que l'on donne quand on n'en veut plus... Moi qui habite un palais, nie faire venir dans une taverne! — ( Gomès etitie suivi de deux valets portant une table foute servie. ) Bien , notre hôte, merci ! —{Gomès sort.) 3e t'avais fait maître de ma personne, don Sandoval, je t'avais conflé mon honneur, et voilà ce que tu as fait de ce trésor!... N'importe, ta volonté me sera sacrée, j'acquitterai ta dette, mais pas un de nous trois ne se lèvera pour raconter à Madrid le secret de notre triple mort. — ( Elle tire le voile de lamadone.)'Fer\nez les yeux, sainte mère (iu Christ, vous qui n'êtes qu'indulgence et que charité , car une œuvre de vengeance va s'accomplir. — (Se retournant.) Fermez les yeux. — ( Elle verse le poison dans la bouteille.) Ces cavaliers orgueilleux, ils croient, parce qu'ils portent une épcc au coté, qu'il n'y a qu'eux qui puissent se venger,
et que le fer seul donne la mort! et dans cette
croyance ils rient de nous, de nous autres, pauvres femmes, sans défense et sans courage... Mainleiiant, don Juan, viens me prendre, je l'attends. (Allant à la fenêtre.) Peux hommes! ils vien-