DON JUAN , INÈS
iivÈs, pâle et posant son flambeau sur la table. Sommes-nous ici pour parler de lui?
DO?ï JtAN.
Vous avez raison, sur mon âme!... et vous êtes une noble Espagnole, et vous êtes belle, et je vous aime ! Vous avez -raison, la vie est si étrangement courte, qu'il faut mettre à profit ses heures, ses minutes, ses secondes... Vous avez raison, nous ne sommes point ici pour nous occuper du passé, mais pour jouir du présent... — {S'asseyant et tendant son verre à Inès qui verse.) A nos amours, Inès !
INÈS
A nos amours, don Juan !
DON JUAN, le verre à la main.
C'est une chose sainte que l'amour quand deux cœurs nés l'un pour l'autre fleurissent ensemble comme deux boulons sur une même tige... mais c'est chose rare que ces amours juvéniles et transparentes, et nul ne peut dire en voyant sourire une femme que cet amour est exempt de perfidie... — (Regardant son verre.) C'est une bonne chose que le vin!... mais dans le meilleur, la main d'un ennemi peut trailreusement verser du poison. — ( Avec nonchalance. ) — Don Juan , me disait doti