DE VERTPRÉ
Mais elle n'y est pas, sans doute?
LÉON, montrant la chambre de madame de Fertprù. Si fait, elle est là.
M. DE VERTPRÉ, allant vers la porte.
Merci !
LEGS, l'arrêtant.
Pardon! c'est qu'elle change de robe.
M. DE VERTPRÉ
Ah !... et vous d'habit, à ce qu'il paraît?
LÉo>-.
Non, je n'ai pas le bonheur d'en avoir un de
SCEIVE VIII. ùô
rechange, et je me contente de le faire sécher. II faut vous dire que nous venons tous les deux d'être mouilles jusqu'aux os. Vous permettez, n'est-ce pas?
( Il se remet à la cheminée, )
M. DE VERTPRÉ
Comment donc... ( A part.) Qui diable est ce monsieur qui se met si à l'aise chez moi?
LÉON
Vous n'êtes pas mouillé, vous?
M. DE VERTPRÉ
Je suis venu de Paris en cabriolet; j'étais trèspressé de voir madame de Vertpré.
LÉON
Ah! oui : n'est-ce pas vous qu'elle attend? Oui, oui, elle attend un monsieur. Je vais la prévenir. (// va vers la chambre de madame de Fertpré. )
M. DE VERTPRÉ
Comment , vous allez entrer ainsi chez madame de Vertpré pendant qu'elle change de robe?
LÉOIV,
Non, je vais le lui dire à travers la porte.
M. DE VEltTPRÉ.
Merci, j'attendrai.
LÉON
Alors, donnez-vous la peine de vous asseoir.
M. »E VERTPRÉ
Vous êtes trop bon... Ainsi, madame de Vertprc vous a dit qu'elle m'attendait?
34 LE MARI DE LA VEtVE.
LÉON
Oui, ce malin elle a parlé de cela en l'air.
M. DE VERTPRÉ
Elle a ajouté que c'était pour affaires pressantes?
LÉO
Non, elle n'a pas ajouté cela. {Il sonne, un domestique entre. ) Joseph ! du bois.
M. DE YERTPRÉ, à part.
Très-bien! — ( Hmit. ) Monsieur, l'affaire dont je dois entretenir madame de Yertpré est secrète.
LÉON
Cela se peut, monsieur.
M. DE VERTPRÉ
Ce qui fait qu'à moins que vous ne soyez son mari...
LÉON
Je n'ai pas cet honneur, monsieur.
M. DE VERTPRÉ
J'oserai attendre de votre discrétion...
LÉON
Que je me retire, n'est-ce pas?
Si vous aviez cette complaisance...
LÉON
Dites- moi, est-ce que vous en avez pour longtemps ?
M. DE VERTPRÉ
Pourquoi cela?
scÈ>E VIII. 35
LÉON
Ah ! c'est que vous dérangeriez toute notre journée.
M. DE VERTPRÉ
J'abrégerai.