ACTE H, SCÈ!tE IV
AMONY.
Oh ! dans ce moment j'aime mieux vous quitter que de vous voir devant quelqu'un.
ADÈLE
Sois la bienvenue, Clara.
ANTON Y
Oh! je m'en vais... merci... j'emporte là du bonheur pour une éternité... Adieu, Clara... ma bonne Clara!... Adieu, madame. — (Bas.) Quand vous reverrai-je?...
ADÈLE
Le sais-je!...
ANTON Y
Demain, n'est-ce pas?... Oh! que c'est loin demain...
ADÈLE
Oui, demain... bientôt... plus tard.
ANTON Y
Toujours... adieu...
(Antonf sort.) ADÈLE, le suivant des yeux et courant à la j^orte. Antony...
CLARA
Que fais-tu? du courage, du courage.
ADÈLE
Oh ! j'en ai, ou plutôt j'en ai eu ; car il s'est usé dans mes dernières paroles. Oh ! si lu savais comme il m'aime, l'insensé !
CLARA
As-tu préparé une lettre pour lui?
62 AKTO.W.
ADÈLE
Une lettre? oui, la voilà.
Donne.
ADÈLE
Qu'elle est froide cette lettre ! qu'elle est cruellement froide!.... Il m'accusera de fausseté. Eh! le monde ne veut-il pas que je sois fausse?... C'est ce que la société appelle devoir, vertu. Elle est parfaite, cette lettre. Tu la lui remettras...
CLARA
Viens, viens, tout est prêt; le domestique qui doit l'accompagner t'attend.
ADÈLE
Bien, Par où faut-il que j'aille?... Conduis-moi ; lu vois bien que je suis prête à tomber, que je n'ai pas de forces, que je n'y vois plus.
( Elle tombe sur une chaise. )
CLARA
Oh ! ma sœur ! songe à ton mari.
ADÈLE
Je ne puis songer qu'à lui.
CLARA
Songe à ta fille.
ADÈLE
Ah! oui, ma fille!
( Elle entre dans le cabinet. )
CLARA
Embrassc-la, pense à elle : et maintenant, maintenant, pars.