I.E PODESTAT
11 m'a ravi mon bien, Un objet, sans lequel le monde ne m'est rien ! Et que, dans le souci jaloux qui m'importune, Je voudrais racheter de touCe ma fortune.
FRAINCESCA.
Le croyez-vous ici ?
LE PODESTAT
Sans doute, il est chez vous.
Car cet homme...
FRANCESCA
Cet homme !
LE PODESTAT
Eh bien! c'est votre époux.
FRANCESCA, foismit la révérence.
On n'est i)as plus que vous riche de courtoisie, Monseigneur!...
LE PODESTAT
Non, sur Dieu ! c'est une frénésie; Je n'y puis plus tenir... je vous aime, d'honneur!..,
FRANCESCA, passant dans le comptoir.
Vous n'avez pas encor vu , je crois , monseigneur. Cette aiguière d'argent d'une forme nouvelle?
LE PODESTAT
Elle est de Fasio?
FRANCESCA
Son bon goût s'y révèle.
N'est-ce pas? le travail en est fait au marteau Et d'après un dessin d'Andréa del' Sarto. C'est un riche présent, et digne d'un roi mage.
LE PODESTAT
Oui ; mais ce qui m'y plaît surtout , c'est votre image , Qu'on y voit rétléchie, ainsi qu'en un miroir.
18 l'alchimiste.
FRA>cEsc\. reposant l'aiguière et prenant une coupe.
Prenons donc cette coupe où l'on ne peut se voir, Et rien ne distraira l'amateur de l'artiste : Elle est faite, voyez, d'une seule améthyste.
LE PODESTAT
Vraiment?
fra:vcesca.
Montée en perle, en rubis, en saphir.
Les rubis sont d'.-Vrcot, et les perles d'Ophir.
LE podestat.
Son prix?
FRA?iCESCA.
Deux cents ducats.
(En ce moment, la Madclelena entre, suivie du comte Lélio; Francesca laisse tomber la coupe, qui se brise.)
LE PODESTAT
Que faites-vous?
FRA5CESCA, chancelant.
C'est elle !
Oh! je me sens mourir...