ACTE I, SCÈNE VI
GRTMALDr.
C'est ;i lui que je parle, madame :
Vous êtes une digne et respectable femme. Vous, quoiqu'à vos habits on puisse reprocher Un luxe un peu trop grand, car le velours est cher! Aussi, vous le voyez, madame, moi, je porte Du drap.
FASIO.
Et du plus gros même.
GRIMALDI
Que vous importe, Monsieur le faiseur d'or?.. Je disais donc, cordieu ! Qu'il vous faut à l'instant, maître, vider ce lieu.
FASIO.
Comment?
GRIMALDI
Je ne veux pas qu'une maison honnête, Que je reçus de Dieu pour abriter ma tête, Quelque beau jour sur moi s'écroule tout à coup, Quand le diable viendra pour te tordre le cou.
FASIO.
Mais je ne puis quitter l'œuvre de la science.
GRIMALDI
Ah! nous faisons encor quelque autre expérience? Tant mieux ! à la police, en ce cas-là, je cours !
FASIO.
Monseigneur... seulement, accordez-moi trois jours!
GRIMALDI
Pas une heure !
FASIO.
Impossible alors...
GRIMALDI
Dieu vous bénisse!
30 l'alchimiste.
francesca.
Mais où donc allez-vous?
GRI3IALDT.
Prévenir la justice Qu'avec tous vos essais et vos combustions Vous mettez le quartier en révolutions!
FASio, le retenant. Monseigneur, on se peut arranger, je suppose.
GRiMALDi, s'éloignant.
Jamais !
FASIO.
A prix d'argent...
GRIMALDI, revenant.
Ceci, c'est autre chose; Que voulez-vous de temps?
FASIO.
Ce que je veu.K? trois jours.
GRIMALDI
Trois jours?
FASIO.
Et je serai riche alors pour toujours !
GRIMALDI
Combien les paîras-tu ?
FASIO.
Quatre ducats par heure!
GRIMALDI, calculant.
Deux cent quatre-vingt-huit ducats pour qu'il demeure Trois jours de plus ici... ma foi! c'est bien payé.
FASIO.
Eh bien ! que dites-vous ?
(Depuis quelques instants, on voit sortir du laboratoire des lueurs de plus en plus vives.)