N 0 U V E A U 1* II 1 N T E M I* S
Ah! la douce misère de l’amour, et la volupté \ amère de l’amour, je les sens qui se glissent, ô torture joyeuse! dans mon ame à peine guérie.
Les yeux bleus du printemps regardent du milieu de l’herbe : ce sont les chères violettes que j’ai cueillies pour en faire un bouquet.
Je les cueille, et je pense, et toutes les pensées qui soupirent dans le fond de mon cœur, le rossignol les chante tout haut.
Oui, ce que je pense, il le dit dans ses chants et avec des notes sonores qui retentissent au loin. Mon tendre secret, la forêt tout entière le sait déjà.
Quand tu passes auprès de moi, quand ta robe m’efileure seulement, mon cœur bondit de joie et se précipite sur tes belles traces.
Alors tu te retournes, tu me regardes avec de grands yeux, et mon cœur est si elfrayé, qu’il peut à peine te suivre.