‹ Drames françaisChapitre 17 sur 137 · SCÈNE III Les Mêmes, Le chevalier JEAN PAYNEL, lieutenant · texte numérisé non relu

SCÈNE III Les Mêmes, Le chevalier JEAN PAYNEL, lieutenant

paynel, du haut des marches tenant un parchemin. Halte! Beauvoir, Folligny, Bréauté!

De notre maître, à tous, telle est la volonté.

beauvoir, ironique.

Vraiment!

PAYNEL

L'ordre est formel ; signé : d' E 'sto ut e pille.

BRÉAUTÉ et FOLL1GNY

Un ordre?

PAYNEL

On va fermer les portes de la ville, Hausser les ponts-levis et veiller aux remparts; Et tous les gens du roi feront le guet.

BEAUVOIR

Je pars,

Beauvoir!...

Tais-toi.

PAYNEL

BEAUVOIR

PAYNEL

Me taire?

BEAUVOIR

Oui, ton ordre me blesse.

Ton maître et capitaine, ici, nous tient en laisse; Nous sommes une meute humaine. Au moindre bruit, On l'enferme, le jour, on l'enchaîne, la nuit, Dès que le capitaine a vu l'Anglais... en rêve. Je n'ai pas, de trois mois, mis le pied sur la grève; La chaîne enfin m'étrangle.

(A Bréauté et Folligny.)

Allons, venez, barons.

BRÉAUTÉ

D'Estouteville ordonne.

BEAUVOIR

Hé bien?

BRÉAUTÉ

Nous resterons.

BEAUVOIR

Vous, Folligny?

folligny, remontant avec Bréauté. (Ils s'entretiennent avec Paynel.) Je reste.

beauvoir, furieux.

Allez, meute servile, Courez, jappez, rampez, autour d'Estouteville. Tandis que votre chef rassuré dormira, Aboyez fort, sitôt que la lune luira!... Mercenaires!

BRÉAUTÉ

Beauvoir, silence !

BEAUVOIR

Allez,

FOLLIGNY

Prends garde!

BEAUVOIR

Vous faire museler là-haut, bons chiens de garde !

le prieur, à Beauvoir.

A l'heure du péril...

beauvoir, vivement.

A l'heure du devoir, Moine, je serai là; sois-en sûr. — Au revoir. (// s'élance dans lescalier, à gauche, avec ses archers.)

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