SCÈNE III Les Mêmes, Le chevalier JEAN PAYNEL, lieutenant
paynel, du haut des marches tenant un parchemin. Halte! Beauvoir, Folligny, Bréauté!
De notre maître, à tous, telle est la volonté.
beauvoir, ironique.
Vraiment!
PAYNEL
L'ordre est formel ; signé : d' E 'sto ut e pille.
BRÉAUTÉ et FOLL1GNY
Un ordre?
PAYNEL
On va fermer les portes de la ville, Hausser les ponts-levis et veiller aux remparts; Et tous les gens du roi feront le guet.
BEAUVOIR
Je pars,
Beauvoir!...
Tais-toi.
PAYNEL
BEAUVOIR
PAYNEL
Me taire?
BEAUVOIR
Oui, ton ordre me blesse.
Ton maître et capitaine, ici, nous tient en laisse; Nous sommes une meute humaine. Au moindre bruit, On l'enferme, le jour, on l'enchaîne, la nuit, Dès que le capitaine a vu l'Anglais... en rêve. Je n'ai pas, de trois mois, mis le pied sur la grève; La chaîne enfin m'étrangle.
(A Bréauté et Folligny.)
Allons, venez, barons.
BRÉAUTÉ
D'Estouteville ordonne.
BEAUVOIR
Hé bien?
BRÉAUTÉ
Nous resterons.
BEAUVOIR
Vous, Folligny?
folligny, remontant avec Bréauté. (Ils s'entretiennent avec Paynel.) Je reste.
beauvoir, furieux.
Allez, meute servile, Courez, jappez, rampez, autour d'Estouteville. Tandis que votre chef rassuré dormira, Aboyez fort, sitôt que la lune luira!... Mercenaires!
BRÉAUTÉ
Beauvoir, silence !
BEAUVOIR
Allez,
FOLLIGNY
Prends garde!
BEAUVOIR
Vous faire museler là-haut, bons chiens de garde !
le prieur, à Beauvoir.
A l'heure du péril...
beauvoir, vivement.
A l'heure du devoir, Moine, je serai là; sois-en sûr. — Au revoir. (// s'élance dans lescalier, à gauche, avec ses archers.)