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Ni moi.
Grégoire, croisant les bras, dédaigneux.
Poltrons!
le mousquetaire, avec force.
La guerre, La guerre à ces chiens-là, des maudits, des méchants, Qui pillent nos vaisseaux, qui volent nos marchands, Qui traitent les chrétiens comme on traite des bêtes, Qui se jettent sur nous dans les nuits de tempêtes, Capables de tout crime, outrageant tous les droits, Blasphémant Jésus-Christ et crachant sur la croix, La guerre est une joie, un devoir.
Grégoire, saluant.
Gloire aux braves!
LE MOUSQUETAIRE
On sauve les chrétiens, on brise leurs entraves, On les rend à la vie, à l'espérance, à Dieu.
(Un temps.) Au revoir, mes petits!
GRÉGOIRE
Adieu, soldat !
TOUS
Adieu!
{Le mousquetaire va saluer la Vierge^du chêne, debout, chapeau bas. Les pâtres se rangent autour de lui et se découvrent. — Benoît et Grégoire seuls sont à V avantscène.)
BENOIT
Vincent ne revient pas.
GRÉGOIRE
Tant mieux.
BENOIT
Pourquoi?
GRÉGOIRE
S'il tarde,
Ses trente sous.
BENOIT
Eh bien?
GREGOIRE
Eh bien! mais, il les garde; Il aura le mérite et l'argent, Dieu merci; J'en serai très content... Et lui peut-être aussi.
BENOIT
Oh ! tu le connais mal.
le mousquetaire, redescendant à Grégoire. Quel âge as-tu?
GRÉGOIRE
Mon âge?
J'ai de neuf à dix ans, ou dans le voisinage.
LE MOUSQUETAIRE
Que seras-tu?
GRÉGOIRE
Soldat, si ma mère y consent.
LE MOUSQUETAIRE
Aimes-tu ton pays?
Grégoire, d'un Ion significatif.
Un peu.
benoît, à part, après avoir regardé au loin. Pauvre Vincent!
LES TRENTE SOUS DE VINCENT DE PAUL 17g
le mousquetaire, aux enfants.
Soyez de vrais Français. Quand vous aurez ma taille, Vous ferez bon visage au feu de la bataille. Un vrai Français doit rire en marchant aux combats. [Remontant et saluant la Madone.
Vierge du chêne, adieu; pensez à moi là-bas!
benoît, à Grégoire.
Et Vincent n'est pas là!
GRÉGOIRE
Que veux-tu ?
le mousquetaire, au fond, s'adressant aux pâtres qui le suivent.
Portez... arme!
GRÉGOIRE
Vive le mousquetaire!
(Le mousquetaire sort avec les pâtres. — Un temps.)