‹ Drames philosophiquesChapitre 115 sur 319 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

sonnages se font de profondes salutations, entremêlées de pirouettes, où il» se tournent le dos. Viennent ensuite le duc de Bourgogne, avec les insigne» de la Toison d'or, et un cardinal en robe rouge ; ils se pavanent gravement; puis Mg' le duc de Bourbon et M. le comte d'Armagnac ; puis les douze preux et les douze preuses, qui se donnent le bras deux à deux et paraissent avoir entre eux des conversations fort intimes. Puis vient Jacques de Lalain, le bon chevalier, ayant enfin délivré la Dame de Pleurs, et la consolant. Pétrarque et Laure apparaissent seuls sur un char traîné par de petits Amours, ayant les mains attachées derrière le dos par des cordons de soie. Anne de Bretagne, entourée de dames vertueuses, défile après Genièvre et toute son école d'amour.

Deux géants se dessinent sur le ciel : c'est Roland et Olivier, se donnan la main en souvenir de la belle Aude. Leur cou est trop fort pour entrer dam la lunette. Le bourreau fait venir un charpentier, qui, en deux ou trois coups de hache, adapte l'appareil.

Pendant que Roland et Olivier attendent, une foule énorme, évoques, abbés mitres, pénitents de toutes les couleurs, avec leurs croix processionnelles et leurs disciplines, corps de métier, gentilshommes, grandes dames en' tous leurs atours, bourgeois en chaperon, présidents à mortier, juges en toque, docteurs avec leurs hermines, se pressent attendant leur tour. Des huissiers à verge président au défilé et font garder les rangs.

La danse est close par un élégant menuet exécuté par le dernier légat et la dernière abbesse. On entend à la fois l'air simple, aimable et galant du menuet et le chant :

Dansons la carmagnole,

Vive le son,

Vive le son, Dansons la carmagnole,

Vive le sob

Du canon !

Page 1