LES MÊMES, UN CLERC
Un clerc entre.
LE CLERC
Une lettre du roi de Germanie pour Sa Sainteté,
LE PAPE. N
Lis-la-moi.
LE CLERC lit.
« Qu'il soit connu de Votre Sainteté que le lâche assassinat commis dans le sacré palais par l'empoisonneur Arnaud de Villeneuve sur la personne de mon fidèle serviteur Siffroi, seigneur palatin, mon envoyé, m'a rempli d'une grande et juste colère. Ce qui augmente l'atrocité d'un tel crime, c'est qu'il est notoire que les empoisonneurs ont été conduits par la haine féroce, par la vile et basse jalousie des peuples gaulois contre les peuples germaniques, qu'ils cherchent mécham-
ment tous les moyens de diminuer et d'anéantir. En conséquence, sans préjudice des indemnités à. réclamer et représailles qu'il nous conviendra d'exercer pour ce crime, si notoirement empreint de passion nationale et d'envie impuissante, dans notre prochaine guerre contre l'ennemi héréditaire, nous exigeons que ledit Arnaud nous soit livré, pour être puni de son crime selon toute la rigueur des lois impériales. Faute de quoi, j'agirai en toute rigueur par mes agents du royaume d'Arles, pour que justice soit faite. »
LE PAPE
C'est un peu fort ! Quoi ! parce qu'il plaît à un grossier glouton d'avaler à plein gosier ce qui doit être pris à petites gorgées, nous sommes ses empoisonneurs !
BRUNTSSENDE.
Gardez-vous de donner cette bonne raison à des butors qui ne cherchent qu'une mauvaise querelle. Dites qu'Arnaud appartient à l'inquisition
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