ACTE CINQUIÈME
Tensemble de superstitions et d'erreurs auquel il préside.
BRUNISSENDE.
J'ai peur qu'il ne soit toujours tenté d'en profiter.
Brunissende voit clair. Le prêtre détruit rarement l'autel dont il vit. 11 est probable, en effet, qu'après avoir servi la renaissance, la papauté l'entravera. Effrayée de sa propre hardiesse, elle repliera ses voiles et essayera de retenir le mouvement qu'elle aura commencé.
Le pape reste quelque temps pensif.
BRUNISSENDE.
Nous autres femmes, nous arrivons souvent par d'autres voies à des pensées analogues. La superstition a diminué la vie; nous la voulons entière. On déchirera les sottes bandelettes dont les siècles barbares nous ont affublées; nous aurons notre place dans le monde de l'esprit.
PROSPERO
Sans contredit, la part de la femme dans l'œuvre de la civilisation sera grande et illustre. C'est peut-être dans le cœur de quelques femmes que r unité de la renaissance sera le mieux réalisée. Les femmes nous tiendront pour des ennemis jusqu'au jour où elles verront que leur intérêt dans l'humanité n'est pas un intérêt à part.
BRUNISSENDE.
Arnaud, ne sauriez-vous pas écrire un livre pour nous ?
PROSPERO
D'autres le feront, belle Brunissende. Moi, je suis vieux, ma fin approche, je deviens un embarras. Je peux mourir quand je veux : c'est là ma Jouvence. J'ai toujours eu pour principe, qu'une vie disposée selon les règles d'une belle eurythmie ne doit pas laisser au hasard une pièce aussi importante que le dénouement. Tout est