ACTE CINQUIÈME
PROSPERO, t'afiFaiblissant de plus en plus.
Ariel, j'ai fini le nombre des bons jours. Le reste ne serait ni utile ni digne. La vie d'un vagabond n'est pas celle qui me convient. Depuis que je n'ai plus la protection de Caliban (u sourit), mon existence n'a plus de base assurée... Adieu; sache vivre sans moi ; désormais, il ne faut plus ainsi mourir à la légère. Enfant, tu es comme l'humanité, quand elle croyait, chaque soir, que le monde allait finir. Prends un corps; la condition d'un esprit aérien est trop fragile. Vois Gélestine, elle est ta sœur par le charme et la beauté.
Tous deux se regardent d'un œil tendre, et rougissent. Un léger frisson parcourt les membres d'Ariel, qui prennent une teinte rosée et de la solidité.
ÂKIEL.
Oh ! douceur étrange ! Je me touche ; je deviens
chair. Une chaleur que je n'ai jamais ressentie
circule en mon être. Le sang, ce liquide porteur
de la vie, humecte ma poitrine. Je sens ce fleuve
bienfaisant suivre dans tous mes membres son
id
cours aimable et taciturne. Et ici (Montrant son cœur.) un battement léger, un petit chatouillement!... Se tournant vers céiestine.) 0 ma chèrc amie, pourraisje désormais me séparer de toi? Asiles cachés des forêts, antres et rochers soHtaires, cachezmoi avec elle. Plus la retraite sera sombre, plus ses parois rapprochées, plus son ciel écrasé, plus je croirai qu'elle est à moi et que l'univers entier est en elle. Yide infini de l'espace, rires innombrables des mers, un jour peut-être, je me reprendrai à vous aimer.