‹ Drames philosophiquesChapitre 151 sur 319 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

dans ses transformations, est tour à tour exquis et hideux. Il y a un but à tout cela, et, bien que nous n'ayons pas la preuve d'une conscience claire présidant au gouvernement de l'univers, des indices certains montrent Texistence d'une conscience obscure, d'une tendance profonde poursuivant un but placé à l'infini. Le grand semeur aveugle répand la graine avec une telle profusion, que chaque coin de bonne terre porte son fruit, sans avoir été visé. Le coup de fatalité qui se joue dans les profondeurs des sources de la vie, et qui fait qu'un cerveau est bien fait ou raté, qu'un type de femme est exquis ou ridicule, se répète tant de fois, que l'avenir du vrai et celui du beau sont assurés. Pour moi, j'ai accompli ma destinée. J'ai été un quaterne rare dans la loterie de la création. Maintenant, les atomes qui me composent réclament leur liberté ; ils ont envie d'aller ailleurs jouer leur petit air. (Entrent le pape et Brunis- Bende. — Prospère, d'une Toix faible.) Je SUis hCUrCUX qUC

vous arriviez à point pour compléter le cercle

suri equel doivent se clore mes yeux. G?, linceul me donne ce que vous avez voulu et n*avez pu me donner, le repos. Grâce à lui, je meurs entier, et sans perdre aucune des sensations délicieuses qui sont d'ordinaire oblitérées chez le mourant par la douleur et raffaiblissement. La coupe de la vie est délicieuse. Quelle sottise de s*indigner parce qu'on en voit le fond ! C'est l'essence d'une

coupe d'être épuisable. (Anel et Célestlne, se tenant dans les bras l'un de l'autre, se regardent sans comprendre ce que dit Prospère. Prospère les voit en souriant.) G'OSt bieU, Arfel. J'ai trOUVé

le moyen de te river à l'existence. IMaintenant, tu ne voudras plus mourir pour si peu.

(Se tournant vers Cabban.; GallbaU, j'ai qUClqUC ChOSC à te dire. (Callbans'approche.— prospère, tout bas.) Anel Ct

Gélestine sont incapables de lutter contre les difficultés de la vie. Je te demande pour Ariel une sinécure, la garde du château de Sermione, qui n'a aucune importance pour la république de Milan et qui suffira très amplement à ses besoins.

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