ACTE DEUXIÈME
ddes de Téchelle infinie, s'éveille tout à coup. L'insecte lourd et rampant devient ailé, idéal ; sa vie est tout aérienne ; être de terre, pétri de grossières humeurs, il devient hôte de l'air et fils du jour. Qui a fait cette merveille ? L'amour. — Le papillon, c'est la période d'amour. N'admirez plus s'il épand ainsi ses ailes, s'il caresse toute fleur, s'il poursuit çà et là son joyeux caprice. Tout est d'or à ses yeux, tout nage pour lui dans cette atmosphère embrasée qui fait la beauté des choses. Heureux être! Il s'épanouit à son heure, il rejette sa lourde robe de boue; il s'enivre, il mène durant quelques moments la plus céleste des vies, puis il meurt. 11 ne fleurit que pour mourir. Sitôt qu'il a pu assouvir sa soif, sitôt qu'il a bu sa pleine coupe de joie, il se dessèche. Heureux! Pour lui, aimer, c'est vivre; avoir aimé, c'est mourir ! Je ne doute pas que, durant ce court espace, il ne se condense en la conscience de ce petit être tant de volupté, que sa vie fugitive ne l'emporte sur celle des plus puissantes créatures
et ne dépasse de beaucoup en valeur celle de la grande majorité des hommes. — Court et brillant éclair, fleur d'un jour, salut à toi, ô bien-aimé de Dieu, à toi dont la' vie resserre en quelques heures ces trois moments divins : fleurir, aimer, mourir !
ORLANDO, ERCOLE, RUGGIERO, ensemble.
Bravo, Imperia !