‹ Drames philosophiquesChapitre 229 sur 319 · LE VALET · texte numérisé non relu

LE VALET

Vos Seigneuries ne doivent pas ignorer qu'il y a beaucoup d'émotion dans le peuple. Des bandes se forment et marchent sur Nemi. Ils disent qu'ils veulent tuer le faux prêtre, rétablir les anciens usages, se rendre la déesse favorable en vue de a guerre qui commence. Casca et Latro sont avec eux. Vos Seigneuries savent que, dans les mouvements populaires où ils se mêlent, il y a presque toujours effusion de sang.

METIUS

Les dieux se servent quelquefois, pour venger leur cause, de singuliers instruments. Après tout, cela les regarde.

Liboralis et Voltmius Bortent précipitamment. — Metiug, resté seul.

Les choses humaines commencent à rentrer dans Tordre. Le monde va se reposer dans son lit naturel, qui est le crime. Plaisante illusion de ces fanatiques badauds, qui croient qu'on peut se passer de violence, mener les choses humaines par la raison, traiter le peuple comme un être raisonnable. Le monde vit de crimes heureux. Au moment difficile, ils ne savent rien obtenir du peuple. Ils gouvernent au nom de mandataires dont ils n'ont pas le mandat, de masses qu'ils se contentent de suivre. Leur armée n'est pas avec eux. Vont-ils seulement pouvoir sauver Antistius?

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