ACTE CINQUIÈME
M £ T I U S . avec un éclat de rire.
Cela est plaisant. Ce sont tes gens qui l'ont tué. Ce qui caractérise la clientèle que tu flattes et qui fait ta force, c'est de ne pouvoir être dirigée. Ja ne te rends pas responsable de leurs crimes ; mais sois assez juste pour ne pas m*en accuser. La commune opinion veut que tout crime ait été soudoyé. Is fecit eut prodest. Quelle erreur, ô ciel !
LIBERÂLIS.
Mais tu profites du crime de Gasca.
UETIUS.
Mon Dieu, non ! La situation de l'heure présente est elle, que personne ne profite de rien. Tout le monde souffre de tout.
VOLTINIDS.
Mais tu acceptes la collaboration de scélérats.
38t LE PRÊTRE DE NEMl.
METIUS
Peux-tu parler ainsi des actes spontanés de la conscience populaire? Respecte toujours comme quelque chose d'inanalysable le sentiment qui conduit une bande de massacreurs. Ces gens-là n'ont que leur patriotisme. Laisse-leur ce faux dieu à adorer. Quand il s*àgit de la patrie, les victimes tuées vivent plus que tes braillards de place publique et tes harangueurs de carrefour.
VOLTINIDS.
Tu es indulgent pour d'odieux misérables.
METIUS
Ils font ce qu'ils peuvent. Dans ces grandes bagarres, chacun pousse la chose publique à sa manière. C'est comme une fourmilière en émoi. Celui qui ne sait que massacrer massacre.
VOLTINIUS.
Le crime est toujours le crime.