ACTE TROISIÈME
inopportunes impatiences du peuple, ce défilé de pétitions impossibles dont ils viennent de m' accabler ! Quelle avidité de jouir ! quelles prétentions subversives! Ce qu'ils me demandent, c'est de tirer d'un muid de blé la grasse nourriture de dix mille hommes et de trouver dans un setier cinq cents pots de vin. A d'autres, camarades! Pour moi, mon parti est pris : je ne me laisserai pas envahir par des gens qui s'imaginent, en se plaçant au delà de moi, m'entraîner avec eux dans l'abîme. Un gouvernement doit résister, je résisterai. Après tout, les gens établis et moi, nous avons des intérêts communs. Je suis établi comme eux; il faut que cela dure. La propriété est le lest d'une société ; je me sens de la sympathie pour les propriétaires.
Et puis, outre l'utile, il y a l'éclat. L'éclat est nécessaire. J'ai eu aes ions, je veux les réparer. A la fête d'hier au soir, j'étais jaloux, car je n'en étais pas. Eh bien, les fêtes, les beaux-arts, les palais, les cours, sont l'ornement de la vie. Je
favoriserai les artistes. Les hommes de lettres donnent la gloire : je ne \e^ négligerai pas. Quel était le centre de cette belle assemblée d'hier au soir?C'était Imperia. Je courtiserai Imperia; le but suprême de ma vie sera Imperia. Et si j'arrivais à lui plaire?... Oh! non... C'est trop.... Qui sait pourtant?... Peut-être...
Il soupire.
Ah! si je pouvais être aimé, je serais bon et heureux! Un monde nouveau s'ouvre k moi. Le bien existe ; il ne m'est pas interdit. Je l'entrevois pour la première fois. Prospero parlait toujours de faire le bonheur de l'humanité. Ce n'est pas lui qui était destiné à le faire. Si, par hasard, c'était moi...
U é'endort.