‹ Drames philosophiquesChapitre 65 sur 319 · LE LÉGAT · texte numérisé non relu

LE LÉGAT

Parmi ces impies très scélérats, il en est un plus coupable que les autres, et dont le châtiment sera une bien grande joie pour Dieu, pour ses anges et pour toutes les âmes saintes de l'Église militante et triomphante. C'est Prospère. Il est d'ailleurs l'ennemi mortel de Votre Altesse. C'est un homme dangereux, un adversaire de l'ordre établi. Permettez-nous de le mettre dans les prisons de l'inquisition. Il n'y pourra plus nuire. Dieu veut peut-être procurer le salut de son âme par l'affliction de son corps.

Ah ! non. Taisez-vous. Ne me rappelez pas ces

souvenirs... Ce qui a été n'est plus. Je suis liéritier des droits de Prosperô; je dois le défendre. Prospero est mon protégé. Il faut qu'il travaille à son aise, avec ses philosophes et ses artistes, sous mon patronage. Ses travaux seront la gloire de mon règne. J'en aurai ma part. Je l'exploite; c'est la loi de ce monde.

U aperçoit Oonzalo.

(A part.) Je ne peux gouverner , qu'en ralliant autour de moi ceux qui ont la tradition du gouvernement. (Se tournant vers Gonxalo.) Seigneur Gonzalo,

salut. Je vous nomme membre de mon conseil d'État.

LE GHGBUR.

Te prophclarum laudahilis numerus,

GONZALO

Monseigneur, j'ai conseillé toute ma vie; je mourrai en conseillant. Je remercie Votre Altesse. (A part.) Ce diable d'homme me renverse. Pour juger, il faut attendre. Ces sortes de choses peuvent aller longtemps avant de devenir insupportables.

^g CALIBAN.

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