SCÈNE III
A la chartreuse de Parme, dans le laboratoire de Prospero. PROSPERO, HILARIUS.
PROSPERO
Oui, mon pauvre Ariel avait mille fois raison. Le règne de l'idéal est fini, tout ce qui ne se traduit pas en une force est tenu pour chimérique. Un savant qui n'a pas de poudre fulminante, un pape qui n'a pas d'armée, a beau dire : « Je représente l'idée » ; on ne fait pas beaucoup plus de cas de lui que d'une machine crevée ou d'une citadelle démantelée. Il faut que de notre temps l'idéal devienne réalité. La poudre, que nous cherchons, sans l'avoir trouvée encore, transportera entièrement le centre de la force. Le cheval, l'épée, l'armure de fer seront des engins mis au rebut. Quant à notre eau, j'en rêve toujours...