‹ Dressage en liberté du cheval d'obstaclesChapitre 22 sur 61 · DEUXIEME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIEME LEÇON

L'aide dispose un obstacle sur l'un des côtés du manège; l'obstacle reposant bien d'aplomb sur les poteaux, et plus ou moins fixe, suivant le sens où il devra être sauté.

G. Van de Poêle employait, à cet effet, une grosse claie, genre claie de steeple-chase, mais plus lourde, de façon à être très solide et à infliger de par sa masse un fort ébranlement au cheval s'il s'oubliait à galoper dedans.

Toujours au centre, avec sa chambrière en main, l'instructeur fouaille son élève s'il vient à dérober ; faute qui se produit très rarement si la première leçon a été bien donnée et bien api)rise.

Quand l'animal paraît confirmé sur un obstacle simple, on lui présente un double, puis un triple ; puis enfin des obstacles sur les deux côtés du pourtour, de façon à l'habituer à un parcours complet.

Nous faisons observer que M. Van de Poêle ne mettrait jamais d'ailes à ses obstacles, sous prétexte qu'il fallait mettre le sauteur dans des conditions identiques à celles où il se trouverait dans un

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i:)arcoiirs monté, c'est-à-dire i)ouvant dérober à sa fantaisie. La faute &e produisant, il était corrigé en liberté, et, à fortiori, l'idée de dérober ne lui viendrait pas avec un cavalier sur le dos.

11 y a du vrai dans ce raisonnement, d'autant plus de vrai que je ne me souviens pas d'avoir vu un seul sauteur de G. \'an de i^oële refuser ou dérol)cr un obstacle en public; et nous avons monté ensemble pendant vingt années en concours.

Malgré ces raisons très défendables, et condamnant les ailes au travail en liberté, j'ai passé outre, et dans mon manège oblong modifié, j'en ai jilacé à tous les sauts pour plusieurs motifs dont voici les meilleurs.

Tout le monde n'ayant pas Vajvt de l'inventeur pour jouer de la chambrière, le cheval laissé libre, est extrêmement difficile à atteindre et à corriger de la déro^bade.

Nous reprochons, en outre, à cette libea-té absolue laissée au cheval, qu'il faut, pour en rester maître, une enceinte trop restreinte, au plus 30 à 40 mètres dans la plus grande ligne droite.

Il est fort malaisé avec un aussi petit cadre de placer des doubles et des triples sans être obligé de trop couper l'élan du cheval, de trop le mettre sur ses jarrets, de le faire sauter en quelque sorte enrêné. Pour exécuter un parcours dans le manège avec plusieurs sauts se succédant, le cheval devra donc galoper sans pouvoir s'étendre et faire des sauts désespérés en hauteur.

Ces raisons m'ont paru pleinement justifier les quelques modifications que j'ai apportées au type primitif, comme je l'indiquerai au chapitre suivant.

La liste des prix remportés dans tous les meetings d'Europe par les sauteurs de Georges Van de Poêle serait trop longue pour la reproduire ici, et fort inutile du reste pour consacrer son renom et l'excellence de son dressage.

Tous ont connu The Monk, Windsor-Squire, Ludlow, Margot. Tous ses contemporains l'ont applaudi et ont encore dans la mémoire les prouesses des chevaux qui firent sa réputation jusqu'en Russie.

Il était du reste, en dépit de sa haute taille et de ses 100 kilos, aussi fin cavalier que bon dresseur, et il vint au Concours Central Hippique de Paris, ouvrir le vingtième siècle, en nous enlevant la Coupe ?vec sa vieille jument Margot.

Sa victoire me rappelle l'anecdote suivante ; elle me donna une utile leçon de chose dont je sus profiter dans la suite.

MANKCI': OBLONG VAN DK POI'LIC

G. \'an de Poêle oriti(|uait notre façon exagérée de surentrainer nos chevaux i)our mie épreuve, et faisait des gorges chaudes, de nos interminables promenades au pas, de nos suées en couverture, de nos galops de 6.000 mètres; prétendant qu'un sauteur de race bien nourri et bien en muscles n'avait pas besoin de toutes ces balançoires pour fournir correctement 1.200 mètres sur piste en franchissant une vingtaine d'obstacles.

Quand il vint en 1900 monter à Paris, les délices de notre Capoue moderne lui firent complètement oublier et l'Hippique, et la prépara-

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