DES DOUBLES
Si le cheval prend ses doubles avec calme et basculant bien, se reprenant entre les deux, la distance classicjue de 6 mètres est la meilleure.
Si au contraire il s'affole, ou le saute à l'anglaise (i), c'est— à-dire du tac au tac, sans regarder ce qu'il fait, il faudra au contraire les espacer de 8 à lo mètres, de façon à ce que bon gré malgré il se reprenne.
Si malgré toutes ces précautions, il passait ses doubles trop vite et broussant dedans, élargissant de plus en plus sa battue ; il sera utile de le faire prendre en main par l'aide, qui, laissant sa chambrière s terre, devra le calmer d'abord en le flattant, et ne le lâchera qu'à 4 ou 5 mètres du premier obstacle de la série double ou triple, de façon à le contraindre de sauter presque de pied ferme.
L'objection a souvent été faite au dressage en liberté et au couloir, que le cheval abandonné à lui-même prend la détestable habitude de charger.
Oui sans doute, dans le couloir droit ordinaire, nous trouvons, sauf pour la banquette, la rivière et quelques obstacles de volée, un déplorable mode d'enseignement.
Aussitôt laissé à lui-même, l'animal en effet perd la boussole, a hâte d'arriver au bout et d'en finir ; et, s'il n'y a pas à l'extrémité opposée un homme pour l'arrêter, il cherchera, quitte à se tuer, à franchir n'importe quelle hauteur.
Dans mon manège, l'objection n'est plus valable, car les rudes tournants, s'il s'emballe, ont tôt fait de le ramener à la raison.
En une quinzaine de jours au plus, mes élèves, loin de s'affoler adorent leur Ecole Libre, et j'use envers eux bien plus souvent de gâteries que de caveçon ou de chambrière.
Si malgré tout, (|uelc|ues impressionnables, quelques neurasthéniques mouillent leur robe d'énervement ; je les laisse longtemps
(i) Les anglais appellent les doubles « in and out /^ et, contrairement à nous, ils apprécient le saut du tac au tac. Cela provient de ce que j'ai toujours vu dans leurs concours des doubles tellement rapprochés qu'il étiit impossible de les prendre d'une autre manière.