D AUCUNS PRETENDENT QUE LA FRIANDISE REND LE CHEVAL MORDEUR ET MECHANT
de santé; le dresseur devra donc mettre à profit ce précieux auxiliaire en cherchant par tous les moyens à encourager ce vice chez son élève.
J'achetai en 1896 Bistouri, le champion de Dublin dont j'ai rappelé la prouesse au début de cet ouvrage. C'était alors un animal féroce qui, à la longe comme à l'écurie, chargeait l'homme avec une furie de sanglier. Il devint bientôt si friand d'un morceau de sucre ou ■d'une carotte que j'aurais pu m'endormir dans son boxe, sans le moindre danger.
98 DU SUCKK KT J)U CAVKÇON
En riattant son i)éché mignon, j'en fis donc un mouton, et c|uan(l il commençait à me casser les bras du poids de son infernale gueule, je n"avais qu'à lui ])arler ; il pensait au sucre, cédait et filait doux.
je gagnai, grâce à ce simple moyen, le i)remier championnat en hauteur couru au Palais de l'Industrie, et à cette époque >i un ne dépassait guère j'"7o. il fallait faire aborder à >a monture une grosse barre sans ailes encadrant le saut.
D'aucuns prétendent (jue la friar.dise rend le cheval mordeur ou méchant. Elle est bien bonne... c'est juste l'inverse (|ui se produit.
Donc du sucre et encore du sucre! J'en b:)urre mes poches ainsi que de carottes, c'est un des nieilleurs moyens de faire aimer à un jeime cheval son métier de sauteur.
La friandise sera donc le meilleur anti-nerveux des afi^olés ou des brise-obstacles, et dans un coin de mon manège j'ai mis une auge que je remplis d'avoine après la leçon. Aussi tous nos élèves aiment-ils leur école et entrent-ils en classe avec plaisir.
Il n'en restera pas moins indiscutable qu'avec les charognards et les arrétards, il faudra, si l'on veut avoir le dernier mot, recourir à la force brutale.
Pour ces fortes têtes, le caveçon sera toujours le meilleur auxiliaire, aussi disions-nous précédemment, qu'avant de faire entrer ces quinteux dans le manège circulaire, nous leur mettous toujours le caveçon au lieu du licol, attachant autour de leur cou une courte rêne de tissu souple, prête à agir. Et nous nous en servons devant l'obstacle en cas de refus obstiné.
La correction au caveçon m ou te est également utile et n'est pas assez employée. ]\Iais pour obtenir un résultat, il faut de rà-propos et ne pas se laisser prendre au dépourvu.
Si l'on prévoit qu'il y aura lieu d'y recourir pendant le travail. il convient, avant de se mettre en selle, de fixer un caveçon léger, au-dessus de la bride, mais avec une rêne indépendante.
Il ne faut pas être obligé de descendre de cheval, d'aller chercher l'appareil à la sellerie, ce qui ferait perdre l'opiîortunité du châtiment qui doit suivre immédiatement la faute.
Le rossard (lui aura reçu quek|ues bonnes danses, monté, croira toujours avoir son caveçon ])rêt â lui secouer le chanfrein, et il filera doux en parcours.
Cette correction en tous cas lui inspire une bien autre ])eur (jue la cravache, dont le maniement n'est guère goûté du i)ublic. et ([ue