‹ Droit des gensChapitre 106 sur 143 · Bardin, Bkt. de. Vmmée de terre. Confér. de Paris · texte numérisé non relu

Bardin, Bkt. de. Vmmée de terre. Confér. de Paris

'2. Erfahrungen aus dem Krieg^ von 1866, p. 99, 3. Unter dem roihen Kreuz^ ch. xx.

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ellet, si ce n'est par pitié, du moins par peur, épargne les corps des \ivants, tandis que, pour les scélérats dont nous parlons, vivants et morts sont une proie égale. Ce sont ces bandes d'hommes et de femmes recrutées de la pire des canailles, qui fourmillent toujours autour du train et des convois des grandes armées , et auxquelles se joignent les pillards et les vagabonds de la contrée. Après la bataille, ces bêtes féroces à face humaine se répandent sur le lieu du combat, qui est malheureusement trop abandonné à leur épouvantable industrie, volant et égorgeant même, quand cela est nécessaire, les malheureux blessés, dépouillant les cadavres sanglants. Les havre-sacs et toutes les ^ poches sont vidés, les vêtements enlevés des corps encore chauds, les chaussures arrachées, et^ peu après que la horde de brigands des deux sexes a commencé son œuvre, on voit déjà par centaines les cadavres nus dénoncer leur activité; les cris de douleur de leurs victimes ne les émeuvent point ; le doigt est coiipé pour arracher la bague, le bras ou la jambe brisés sont martyrisés pour enlever un manteau ou une botte, les malheureux tremblants de la fièvre sont laissés avec leurs plaies béantes exposés au froid de la nuit; le couteau fait prompte-

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ment le silence là où un cri d'appel à l'aide a osé se faire entendre;, et l'on a vu un officier évanoui;, qui avait malheureusement repris ses sens au moment où une miséraJ3le mégère le dévalisait;, avoir les yeux crevés par ellC;, de peur que plus tard il ne vînt à la reconnaître. Cependant elle ne l'avait joas tué ! . . .

Ce tableau saisissant ne met-il pas assez en évidence la nécessité d'une répression énergique^ et peut-on s'étonner que les Sociétés de secours^ émues par le récit de ces abominations;, aient réclamé contre elles toute la sollicitude et toute la vigilance des chefs responsables? « Il est contraire aux lois de la guerre^ dit Martens', de permettre le pillage des blessés restés sur le champ de bataille. » Sans doute ! au point de vue du droite la question est tranchée depuis longtemps et le pillage n'est jamais permis par aucun général ; on fait même tout ce qu'on peut pour l'empêcher^;, mais on n'y réussit pas. 11 n'est pas jusqu'aux lois pénaleS;, si sé^ vères soient-elles^ qui ne se montrent inefficaces. Les patrouilles et les postes que l'on cherche à établir sont toujours trop faibles, surtout la

1. Martens, Précis du droit des gens moderne de V Europe 285,

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