Gonfér. de Paris, I, 254, 258, 269, II
matique de Genève n'ait été appelée à se prononcer sur ce point, mais, sans s'arrêter à la rédaction de Paris, elle écarta, dans toute sa généralité, l'idée de « prendre des mesures pour inculquer aux troupes les principes de la Convention. »
Cette décision au fond n'a rien que de trèsnaturel. Autre chose est de contracter une obligation, et autre chose de se mettre en mesure de la remplir. Les Gouvernements peuvent bien s'obliger par un traité international à se comporter les uns envers les autres d'une certaine manière, mais après, chacun d'eux doit garder sa part de .responsabilité et demeurer libre de veiller chez lui, comme il l'entend, à ce que ses ressortissants ne violent pas les promesses faites en leur nom. Cela est de la compétence de chaque État, et ce serait jusqu'à un certain point faire preuve de méfiance réciproque, que de spécifier les mesures administratives qui doivent correspondre aux engagements pris. Dans le cas particulier qui nous occupe, exiger que les règlements militaires soient mis d'accord avec la Convention de Genève et en ordonner l'explication aux troupes, c'eût été, de la part de celui qui l'aurait proposé, suspecter la bonne foi de ses co-contractants. C'eût été insi-
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nuer que ceux-ci ne signaienL la Convention qu'avec l' arrière-pensée de laisser aller les choses comme par le passé. Aussi la proposition fut-elle écartée d'emblée et sans discussion, tant le raisonnement que nous venons de tenir venait à la pensée de tous.
Puis donc qu'il y a quelque chose à faire pour l'éducation des troupes, mais que ce quelque chose n'a point été spécifié par la Convention, il ne reste plus qu'à renvoyer les vœux de la Conférence de Paris à leur véritable adresse, c'est-à-dire à chacun des signataires de la Convention en particulier. Ils Les examineront sans avoir de compte à rendre à personne. Nous espérons néanmoins qu'ils reconnaîtront combien ces désirs sont légitimes et combien il est facile de les satisfaire. Déjà d'ailleurs les vœux des sociétés ont été partiellement exaucés en ce qui touche les règlements militaires, lesquels ont été revus dans plusieurs pays et sont en harmonie avec lé droit nouveau. — L'explication périodique de la Convention en temps de paix ne serait pas d'une exécution plus difficile. Partout on rappelle aux troupes, dans des instructions régulières, les choses qu'il importai qu'elles sachent; or la Convention de Genève
COMPLÉMENT DE LA CONVENflON. 293
est de ce nombre et peut bien revendiquer la place qui lui est due à ce titre.
Le docteur Naundorff a insisté sur ce que les articles de la Convention^ étant des articles de loi;, doivent parvenir à la connaissance de tous^ afin qu'il ne règne aucune hésitation chez les inférieurs^, pas plus que chez les supérieurs, sur les devoirs précis qui leur incombent. C'est un ordre, dit-il, qui doit faire partie de l'instruction militaire. Le soldat, quant à lui, ne manquera pas de le saluer avec joie, puisque c'est lui-même et ses plus chers intérêts qu'il a pour but de protéger \
Nous raj^pellerons à cette occasion ce que nous avons dit en commentant l'article 7, au sujet de l'emploi habituel du drapeau et du brassard internationaux. Cet usage formerait le complément utile d'une instruction orale et permettrait aux dispositions du traité de se graver plus aisément dans la mémoire du soldat.
Ce qui serait plus nécessaire encore, ce serait la diffusion d'un petit manuel, dans lequel seraient exposés, sous une forme populaire et frappante, les principes humanitaires dont le