Jomini, Précis de Vart rfe la guerre
de destruction et de réglementer la matière dans son ensemble. Cette pensée était si naturelle qu'elle se fît jour dès les premières ouvertures du cabinet de Saint-Pétersbourg. Partie de Berlin, elle ne fut pourtant pas accueillie avec autant d'unanimité qu'on aurait pu l'espérer, et la tentative du cabinet prussien échoua. Mais les gouvernements n'ont pas dit leur dernier mot sur ce chapitre, cela est certain; eux-mêmes du reste l'ont pressenti.
« D'après les principes généraux il est permis de détruire son ennemi, et les seuls principes généraux ne font pas beaucoup de distinction sur la manière dont on remplit ce but à la guerre ; mais on sait que déjà le droit conventionnel du genre humain, témoigné par l'usage général, établit une distinction et permet certains mo;y'ens de destruction tandis qu'il en défend d'autres ^ »
On considère par exemple comme des pratiques illégales l'empoisonnement des sources et des eaux du territoire ennemi, l'emploi d'armes empoisonnées, celui de chiens braques ou de troupiers sauvages qui ne connaissent pas les
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lois de riionneiu' militaire et de riiuinanilé, celui des boulets rainés, des projectiles mêlés de verre ou de chaux, etc. lieffter, s'aventurant sur le terrain de la Conférence de Saint- Pétersbourg, pense que « sans doute » il faut comprendre dans la môme catégorie (( les fusées à la congrève lorsqu'elles sont lancées contre des hommes ^ » Le docteur Landa déclare que l'usage défend aussi d'aiguiser les armes blanches, le sabre devant se faire redouter moins par son tranchant acéré que par la force du bras qui le brandit \ »
La commission militaire, mise en demeure de consacrer par une déclaration positive cette tradition plus ou moins constante des nations civilisées, s'est récusée et n'a pas voulu sortir de la question spéciale qu'elle avait à résoudre. Au fond, son abstention à cet égard est peu regrettable cai, de toute manière, la plupart des défenses que nous venons de rappeler, qu'elles soient expresses ou tacites, seront respectées. ^ Mais si l'on peut prendre aisément son parti de ce silence, dont les effets seront à peu près
1 Ilelîter, Droit internat, public de l'Europe, § 125. Martens, Précis du droit des gens moderne de VEurope, 11,