Appia, ouvrage cité
des mœurs barbares. Elle serait de plus directement contraire au but de la Convention.
Le problème consiste à trouver le moyen de neutraliser les blessés, sans que leur neutralité soit dommageable à l'ennemi qui les a recueillis et soicnés.
§ 6. Remarquons d'abord que la difficulté n'existe pas pour les individus atteints de blessures graves qui les rendent à tout jamais, ou pour longtemps du moins, impropres au service militaire. Ceux-là on peut les renvoyer sans avoir rien à redouter de leur présence dans le camp opposé. On a même cru devoir les préserver contre le désir trop vif que l'on aurait de s'en débarrasser, et qui conduirait à les libérer avant qu'ils fussent en état de supporter le voyage. Ils ne seront renvoyés qu'après guérison.
Les partisans de la neutralité complète ont contesté l'utilité de cette distinction entre les hommes grièvement ou légèrement blessés, entre ceux qui seront ou ne seront pas incapables de servir après guérison. Les dernières ûLierres, ont-ils dit. notamment celles de 1859 et de 1866, prouvent qu'avec les engins meurtriers dont on se sert aujourd'hui, une campagne est si vite terminée qu'aucun blessé n'est
1 guéri assez promptement pour pouvoir repren- I dre les armes*. A quoi bon^ par conséquent, établir parmi eux des catégories en prévision d'une longue guerre? Mais les longues guerres I sont-elles donc devenues tellement impossibles ' que l'on ne doive plus compter avec elles? La I guerre d'Orient n'est pas encore si loin de nous I qu'elle ne puisse être citée comme exemple. Et . la guerre actuelle du Paraguay dure certes dei puis assez longtemps pour que beaucoup de I blessés aient eu le temps de guérir et de rej joindre leur drapeau. Dira-t-on que la guerre américaine s'accomplit dans des conditions exceptionnelles, que l'on ne rencontrera jamais en Europe? Mais la Convention n'est-elle donc faite que pour les Puissances européennes, et le Gouvernement brésilien lui-même n'a-t-il pas été sollicité d'y adhérer?
Après cette objection, qui ne résiste pas au plus léger examen, nous en rencontrons une autre qui consiste à prétendre qu'aujourd'hui il n'y a plus de blessures légères, ou que, s'il s'en rencontre un petit nombre, elles constituent une exception pour laquelle on ne doit pas ralentir un élan de générosité. Le fait de