Droit municipal dans lantiquité
I. — Les anciens révéraient dans la philosophie politique la § icr science qui donne des lois aux législateurs. Machiavel en a fait un du droit art au service des ambitieux, qui usent indifféremment de tous les mumcipal* moyens justes ou injustes, pour parvenir k leur but. Sous l'influence des théories égoïstes qu'il a propagées, les uns prêchent le pouvoir absolu appuyé sur la raison d'État, les autres la liberté absolue soutenue par l'insurrection. Tous oublient que, dans le gouvernement des sociétés, le droit seul est absolu.
Le droit n'est pas, selon la définition fausse et impie des fatalis- Droit, tes (1), la volonté de Dieu manifestée par le succès. Le simple fait ne crée le droit ni dans l'ordre privé, ni dans l'ordre public (2). Le droit a son essence propre, indépendante des lieux, des temps et de la fortune. Le droit, dit le législateur romain (3), est la science du juste et de l'injuste, des choses divines et humaines, c'est-à-dire des rapports nécessaires entre Dieu et l'homme, entre l'homme et ses semblables.
Droit et sociabilité sont deux idées corrélatives. C'est du principe platonique de sociabilité et non du principe de la guerre de tous contre tous, enseigné par Hobbes et Spinosa, que découlent, selon Grotius (/j), le droit naturel et le droit des gens. « Le
(1) Il diritto (o jus) no e altro che il volere di Dîo, identico con cio ch'è voluto di Dio. (Dante, délia monarchia, lib. II, cap. xi, p. 56.)
(2) Balmès, Le 'protestantisme comparé au catholicisme.
(3) Jurisprudentia est justi et injusti scientia, divinarum et humanarum rerum notitia. (Ulpien.)
{U) De jure bclli et pacis, prolégomènes.