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DU RÉGIME MUNICIPAL GALLO-ROMAIN MÉRIDIONAL

La Gaule méridionale se divisait en deux provinces : la Narbonnaise et l'Aquitaine.

g 1er — De la Narbonnaise.

I. — Les Romains s'étaient établis de bonne heure dans la Narbonnaise, afin d'avoir un passage toujours libre vers l'Espagne. La formation de la province date de l'an 120 av. J.-C. Elle avait originairement pour limite le fleuve du Rhône, mais elle s'agrandit peu à peu, et engloba à l'Orient le territoire des Heivii (capitale, Viviers) et celui des Volces arécomiques (capitale, Nîmes.) Cépion y réunit, à l'époque de l'invasion des Cimbres, Tolosa (Toulouse), et il vint s'y joindre plus tard les possessions des Bebryces ou Sardones, tout le long des Pyrénées, et jusqu'à Narbonne ; des AUobroges entre le Rhône et l'Isère; des Cavares, entre le RhôneetlaDurance; des Snlijcs, Salluvii ou Sa/ici, au Sud de Verdon et de la Durance, des Massaliotes et d'autres peuplades moins importantes.

Cette province, appelée d'abord Gallia braccala, à cause de la large culotte (Bracca) de ses habitants, £t provincia romana, la province Romaine ou simplement provincia la province, parce que, disait Pline, elle était italienne plus que gauloise (Ilalia vérins quam provincia), prit le nom de Narbonnaise, lors de l'établissement à Narbonne d'une colonie puissante.

Constantin la divisa en cinq provinces : 1° la Narbonnaise première, qui avait Narbonne pour capitale, et qui embrassait toute la partie occidentale; 2° la Narbonnaise se • conde, correspondant àlaProvence (capitale Aquœ sexliœ); 3° les Alpes maritimes (capitale Enburodumim, Embrun); !i° la Viennoise, Provincia Viennensis (capitale Vienne): 5° Alpœ Graiœ (capitale Darantasia, aujourd'hui Centros, dans le Val Tarantaise.)

II. — Les caractères et les prérogatives du droit de cité, conféré par les Romains aux villes de la Narbonnaise, sont difficiles à discerner. Spanheim (1) se borne à faire observer que la métropole de la Narbonnaise, Narbonne, et ses villes principales : Nimes, Béziers, Avignon, Arles, n'étaient pas des municipes, mais des colonies dont quelquesunes, celle de Nîmes, par exemple, étaient latines. Il ajoute que le droit de cité donné par Auguste et ses successeurs, avait des caractères divers d'autonomie, de liberté, d'immunité qui dépendaient des traités.

Le régime colonial domine, en effet, dansla Narbonnaise, pays riche, bien cultivé , soumis aux Romains et estimé d'eux. On y comptait dix-neuf colonies, c'est-à-dire autant que dans le reste des Gaules. Un grand nombre de ces colonies étaient militaires. Colonias in Africa, Sicilia, Macedom'a, Hispanîa, Ackaia, Anay Syria, Gallia narbonensi mililum deduci (2). Mais toutes les colonies n'étaient pas composées de vétérans, l'histoire ne fournit que des renseignements incomplets sur les droits conférés aux colons, et sur la quantité de terre accordée à chacun d'eux. « Jecrois, dit Machiavel (3), qu'on endonnaitplus ou moins, suivant les lieux où l'on envoyait des colonies ; mais dans

(1) Orbis Romanus, cap. xv, p. 92 et 93.

(2) TesLd'Aug., Dio Gass., XLIX, L1V. Gruter, p. 187, 323,325.

(3) Discours sur Tiie-Live, liv. II, ch. vu.

toutes les circonstances et dans tous les lieux, ces distributions furent toujours extrêmement modiques : d'abord afin de pouvoir y envoyer le plus grand nombre d'hommes possible, attendu qu'ils étaient destinés à la garde du pays ; ensuite parce que, vivant pauvres chez eux, il n'était pas juste que leurs colons vécussent au dehors dans une trop grande abondance. »

Nous avons vu (1) que les colonies n'étaient pas toutes régies par le même droit. Elles se divisaient en colonies romaines proprement dites, colonies latines, colonies italiques (2) ; il y avait des colonies civiles, des colonies militaires, des colonies mixtes, les unes ayant pour insigne une charrue, les autres une épée, les autres réunissant les deux signes, parce que, composées d'abord de citoyens, elles avaient été complétées par des vétérans.

On ne cite, dans le midi des Gaules, aucune cité qui puisse revendiquer les prérogatives des colonies romaines, c'est-à-dire le plein droit de cité, plenissimum jus civitatis. Les mots : Civitatcm adepti rrAç S\ rrt irohreto^ appliqués à certaines villes des Gaules, paraissent indiquer l'autonomie municipale, et non le plein droit de cité romaine.

III. — Les cités de Lyon et de Vienne, dans la Gaule narbonnaise (3), reçurent de l'empereur Claude la faveur du droit italique; c'est-à-dire, 1° le bénéfice du commercium ; 2° la condition quiritaire des terres, si importante

(1) Livre III, ch. vi.

(2) Neque enim omnes colonias ejusdem fuisse juris constat, cum fuerint quae jus civitatis habuerint, quae latii, quae Italiae ; de quibus cum abunde egerint Sigonius libro secundo de jure Italiae, Marcellus, Donatus, Jacobus Gothofredus, etc. (Willelmi Goesii, Antiquit. agrar., p. 12.)

(3) Viennenses et Lugdunenses in Galliâ Narbonensi juris Italici sunt (L. 8, § 4 , ff. de censibus).

au double point de vue de la sécurité des propriétaires et de la libre transmission de leurs droits ; 3° l'immunité de l'impôt foncier.

Toutes les autres colonies paraissent avoir été des colonies latines, jouissant imparfaitement du droit de cité romaine. Cependant Pline l'Ancien (1), qui réserve expressément le nom de colonies aux colonies romaines, comptait, sous Vespasien et Titus, onze colonies, dont sept dans la Narbonnaise: Narbonne, Fréjus, Arles, Béziers, Orange, Valence et Vienne ; et quatre dans la Gaule Chevelue : Nyon, Augs, Lyon et Cologne. Les villes latines {oppida lalina), colonisées ou non, étaient, selon le même auteur, toutes dans la Gaule narbonnaise, et au nombre de vingthuit (2). Quelques autres peuplades étaient dotées du droit du Latium.

Les villes latines étaient, selon Pline l'Ancien, à l'époque de Vespasien et de Titus, les villes suivantes, toutes situées dans la Gaule narbonnaise : Rusdno Latinorum (Perpignan, colonie) , Aquœ Scxliœ Salluviorum{Mx, colonisée plusieurs fois) , Avenio Cavarum (Avignon, colonie.) Apta Julia Vulgientium (Apt, colonie), Albœ Reiorum Apollinarhim (Riez, colonie, Grut. p. 428 9°), Alva Helvorxim (Viviers), Augusta Tricastinorum (Saint-Paul-Trois- Châteaux), Analilia (Martigue) , Acria, Bormanni, Comacina (aujourd'hui inconnues), Cabellio (Cavaillon), Carcasum Volcarum Tectosagum (Carcassone) , Cessero (inconnue). Carpentoracie Mencinorum(C>&\:])QYitv&§) , Cenicenses Cambolectri qui Atlantici cognominantur (inconnues) , forum Voconii (le Canet) ,G!.anum Livli (inconnue) ,Luvetard (Lodève), Nemausum Arccomicorum (Nîmes, colonie),

(1) Histoire naturelle, III, t\, IV, 17.

(2) Voyez M. Chambellan, Elude, h ch. iv, p. 694, et VL de Savigny, Histoire du droit romain, ch. n, § 22.

Phcensc (Pézénas) , Ruteni (Rodez) , Sanegenses (Senez) , To'osani Tectosagum (Toulouse, colonie), Tasconi (Montauban) , T<irusroniense^(Iàx&SQ,oï\) ,Umbranki(mcormuè) .

On peut ajouter à cette énumération : Acuso (Ancône en Dauphiné, suivant D. Bouquet, et quelques peuplades et cités dotées aussi, selon Pline, du droit du Latin m, telles que : Embrun, dans les Alpes graïennes, et quelques autres villes habitées par des montagnards trop barbares au temps d'Auguste pour qu'on en fît même des provinciaux.

Certaines villes non colonisées étaient villes municipales, et étaient réputées l'expression la plus libre du droit provincial, de même que la colonie Italique en était l'expression la plus haute.

IV. — Parmi les cités de la Narbonnaise où la domination romaine a laissé la plus forte empreinte, on peut citer les deux principales villes de la Viennoise : Vienne et Valence, qui remontent à une très-haute antiquité. La tradition assigne aux temples de Mars et de la Victoire, qui avaient été bâtis à Vienne, la date de l'an 3A3 de la fondation de Rome. Un pont y fut construit par Tibérius G^acchus en 570, ainsi que des greniers et des magasins, par Jules- César; on y signalait la tour de Tibère et la demeure de Ponce-Pilate, Les traditions municipales romaines se perpétuèrent dans cette ville.

La fondation de Valence remonte, selon la tradition, à Romus, fils d' Allobrox, roi des Gaules. Jules-César y construisit des canaux, Auguste l' érigea en colonie romaine militaire et lui donna le nom de Julia Valentia (1); l'empereur Valentinien la distribua sous la première Viennoise (2).

(1) Ptol., liv. II, ch. x. Chorier, Histoire du Dauphiné.

(2) Hoaldès, Fragments sur Valence, m. s. de la bibliothèque, n° 300 ; Dom Bouquet, Recueil des historiens de France, tome II,

V. — Grenoble (Gratianopolis) , ainsi nommée sans doute de l'empereur Gratien, était, sous la domination romaine, une cité municipale. Elle choisissait elle-même ses magistrats, et ses habitants inscrits à Rome dans la tribu voltinienne jouissaient, à peu de chose près, des avantages et des privilèges attachés au titre de citoyen romain. Des inscriptions recueillies par l'auteur d'une histoire municipale de Grenoble (1) , constatent qu'il y eut dans cette ville, dès le règne d'Auguste, des édiles chargés de la surveillance et du soin de la police locale, des duumvirs attachés au maniement des affaires publiques, et des décurions remplissant à la fois les fonctions d'intendants, de juges et de sénateurs. Ces inscriptions constatent aussi que Grenoble, assimilée aux colonies italiennes, était une ville de droit italique, c'est-à-dire que ses principaux privilèges consistaient dans le domaine quiritaire des immeubles, dans l'exemption de la capitation et dans une juridiction réelle, donnée aux officiers municipaux. Quant aux noms et au rang de ces officiers, il devait y avoir, outre les quinquennales nommés, chaque cinquième année, pour présider au cens et recevoir les déclarations des citoyens, un premier magistrat décoré du titre de dictateur, deux duumvirs, dix décurions, quoique leur nombre pût être moindre (ces décurions étaient appelés aussi sextumvirs ou septemvirs, suivant qu'ils étaient au nombre de six ou de sept), un édile qui souvent réunissait à ses fonctions celles de secrétaire ou celles de questeur, et trois triumvirs, préposés à l'entretien des routes; ils étaient tous élus annuellement par les curies et pouvaient être continués dans leurs charges.

p. 10 ; Expilly, Dictionnaire géographique, vs Valence, Allobuoges.

(1) M. Pelod, archiviste du département de Hsère,

La capitale des Alpes maritimes, Embrun (Eburodumim), fut conquise et colonisée en l'an 658, et Néron dota les nations des Alpes maritimes du Droit latin (1).

VI. — Le territoire d' Aquœ-Sextiœ capitale de la Provence, sortit en l'an 125 avant J.-C. du domaine public romain, pour devenir, en partie, res universitatis, et en partie, res singulorum, par suite de la double dotation qui fut faite, tant à la colonie considérée comuie personne civile, qu'à chacun de ses habitants individuellement (2).

La vieille ville d'Arelates (Arles) fut érigée en colonie par Néron Claude, père de Tibère, en l'an 70ô (3) et devint, sous les premiers empereurs chrétiens, la Rome des Gaules. Constant y faisait quelquefois sa résidence; Valentinien et Honorius y établirent le siège du préfet du prétoire, et c'est à Arles que ceux qui devenaient consuls dans les Gaules, prenaient les marques de leur dignité

(1) Caesar (nero) nationes Alpium maritimarum ad jus latii transtulit (Tacite, Annal., XV, 31).

(2) Sextimus proconsul, victa Salluviorum gente, coloniam Aquas sextias condidit, ab aquarum copiis e calidis frigidisque fontibus, atquea nomine suo ita appellatas (Tite Live, Epil., 61). Voyez aussi Diod., Sic XXXIV; Strabon, IV; Vell. Pat., i, 15; Gruter, p. 298, 3°, etc.

(3) Ad deducendas in Galliam colonias, in queis Narbo et Arelate erant, INero Claudius missus est. Suet., Tiber., U» Arelatum... coloni proprii condiderunt. Isid., On#.,XV, 1.

{k) Paude duplex A relate tuos blanda hospita portus Gallula Roma Arelas : quam Narbo martius et quam Aocolit Alpinis opulenta Vienna colonis.

Prœcipitis llhodani sic intercisa fluentis, Ut inediam facias navali ponte plateam.

Per quam Romani commercia suscipis orbis, Nec cohibes, populosque alios et maenia ditas: Gallia queis fruitur, gremioque Aquitania lato.

VII. — Orange, autre ville de la Narbonnaise, située sur lés confins de la Viennoise et de la Provence, était aussi une grande ville sous la domination des Romains, comme on peut en juger par les magnifiques ruines d'un théâtre dont l'architecture est imposante et par l'arc de triomphe, élevé à l'une des portes de la ville et enrichi de bas -reliefs d'une sculpture admirable. Orange était érigée en colonie de même queCavaillon [Cabellio), et Apt (Apta Julia Vulgenlium).

VIII. — Avignon (Avem'o Cavaturh) était déjà une ville commerçante lorsque Cnéius Domitius Ahénobarbus triompha dans son voisinage, en l'an 122 avant l'ère chrétienne, des Allobroges et des Arvernes, et lorsque son successeur Quintus Fabius Maximus acheva de détruire ces peuples. Son ancien gouvernement, établi par les Massaliotes, consistait en un sénat dont quatre membres étaient chargés de présider aux assemblées et d'administrer les affaires ordinaires. Domitius qui, resté dans la province en qualité de préteur, en organisa l'administration, rétablit l'autorité du sénat que les grands avaient usurpée et la soumit au régime du reste de la province. Après la victoire de Marius sur les Gimbres, les Romains fortifièrent leur puissance en accordant le Droit latin aux Cavares. Reconnaissant de la fidélité de ces peuples à l'empire Romain, Agrippa les fit jouir de l'une des grandes voies militaires dont il avait établi le centre dans la ville de Lyon, et dont Strabon (1) marque l'étendue en ces termes : « Un de ces grands chemins prenait par les Cévennes et par l'Auvergne, et venait vers l'Aquitaine jusqu'aux Pyrénées. Un autre allait aboutir au Rhin; un troisième conduisait vers l'Océan parle Beauvaisis et la

(1) Livre ÎV de sa Géographie.

Picardie ; enfin le quatrième côtoyait la Gaule narbonnaise et allait aboutir au port de Marseille. » On attribue la fondation de la colonie d'Avignon à l'empereur Galba; elle fit frapper une médaille en l'honneur de ce prince ; c'est le plus ancien monument que nous ayons de cette colonie dont le géographe Claude Ptolémée fait mention dans le siècle suivant (1 j .

Dès lors Avignon et toutes les autres villes de la Provence subirent le despotisme et les exactions de l'empire. Le droit sur les successions, qui n'était que d'un vingtième, fut porté par Caracalla au dixième en l'an 212 de l'ère chrétienne. L'année suivante, cet insensé fit mourir le proconsul de la Gaule narbonnaise et inquiéta tous les gouvernements des environs (2) . Avignon, qui avait cherché dans la religion chrétienne et dans la protection des évêques un adoucissement à ses maux, fut assiégée en l'an 262, par Chrocus, roi des Allemands, nation également ennemie du christianisme et du nom romain. La ville fut saccagée ainsi que toutes les villes voisines; son saint évêque, Amazius, subit le martyre (3), et son successeur, A ventrus, en perpétua le souvenir dans une église qui fut dédiée à Constantin, le 17 août 326, en ces termes : Dedicalio novœ ccclesiœ sanclœ Marœ Avenicon à Constanlino imperalore magnifico opère rcslauralœ, anno Dominicœ incarnationis CCCXXVl , même Au g. XVI cal. seplembris et trium altarium in ea crectorum ab Aventio cpiscopo.

Avignon est qualifiée Civita avenionis, dans les tables

(1) Ptolomée, II, 10.

(2) Nouvel abrégé chronologique de l'histoire d( s empereurs, Paris, MfcS, p. 257.

(3) Histoire manuscrite d'Avignon, par Dom Policarpe de la Rivière (Bibliothèque de Carpeutras)

de Peutinger et dans l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem rédigé croit-on, sous l'empire de Théodose le Grand. Ce nom n'était donné alors qu'aux villes murées. On voit dans ses anciens murs des grottes souterraines, destinées ou à défendre la ville ou à renfermer les animaux qui servaient aux spectacles publics.

IX. — La colonie d'Aix (aquœ sextiœ) fut fondée en l'an 125 avant J.-C, sous le consultât de Longinus et de Sextius Calvinus qui vainquit les Saliens près des eaux appelées depuis eaux Sextienncs, du nom de ce consul (1).

X. — La partie de la Gaule narbonnaise qui s'étendait du Rhône et de la Méditerranée aux Pyrénées et à l'Océan et qui était nommée Septimanie comprenait le pays des Volces Tectosages et celui des Volces arécomiques. Nîmes, capitale des Volces Arécomiques, Toulouse, capitale des Volces Tectosages et Narbonne étaient les trois colonies les plus importantes de cette province.

XL — Nous avons constaté plus haut les origines grecques de la ville de Nîmes. « Cette cité, dit Strabon (liv. IV) , est moindre que celle de Narbonne, si l'on a égard à l'affluence des marchands et des étrangers, mais elle lui est supérieure au point de vue de la police, car elle a vingtquatre bourgades qui en dépendent et qui jouissent des droits et privilèges des Latins. On voit à Nîmes des Romains qui ont été édiles et questeurs à Home, et le peuple de cette cité ne répond pas devant les préfets et les gouverneurs qui y sont envoyés de Rome. »

La cité de Nîmes, située sur la route d'Italie en Espagne, chemin, dit Strabon, fort commode en été, mais effondré

(1) Cassio autem Longino et sextio Calvino (qui sallues apud aquas, qu<e ab eo sextiœ appellantur, devicit) consulibus, fabrateria deducta est (Visll. Pat., I. c. xv).

en hiver et au printemps, à cause des fréquents débordements des rivières, reçut une colonie de Romains, formée des soldats qu'Auguste avait ramenés d'Égypte (1). La beauté du site et du climat en firent un objet de prédilection pour les Romains, et Nîmes devint par la beauté de ses monuments autant que par l'illustration de ses habitants une seconde Rome. Son amphithéâtre, d'ordre dorique, est l'un des cirques les plus majestueux et les mieux conservés de l'Europe. Sa maison carrée est la celia d'un temple qu'on croit avoir été dédié aux fils d'Adrien et dont l'architecture, d'ordre corinthien, peut rivaliser avec celle des plus beaux monuments de la Grèce. Les Romains amenèrent à Nîmes des eaux d'une source abondante par le magnifique aqueduc dont fait partie le pont du Gard, et dont les vestiges se rattachent un peu au-dessous de la haute tour qui porte le nom de tour Magne, à une magnifique ruine dont la destination longtemps problématique pourrait bien n'avoir été que celle d'une salle de bains. Tous ces monuments encore debout, tous ces pavés mosaïques incessamment découverts à cinq ou six pieds du sol formé des décombres entassés par les Barbares, donnent la mesure de ce qu'était, sousladomination romaine, la cité qui descendait de la colline où est située la tour Magne jusqu'à l'amphithéâtre qui en formait la limite méridionale.

Parmi les bourgades voisines de Nîmes, un grand nombre dont la désinence est argues (Ager) paraissent avoir été fondées par des généraux romains qui y résidaient. Quelques-unes rattachent leur origine aux guerres de Marius contre les Ciînbres et les Teutons. Saint-Gilles prétend avoir été le siège du camp de Marius (campus Marii, Camargue). Aigues-Mortes remonterait, selon une tradition ancienne, à

(l) Les armoiries de la colonie nîmoise (col. nein.) consistent en un crocodile attaché à un palmier.

un fossé creusé par Marius (fossce Marianœ); mais cette tradition fondée sur une opinion de Ptolomée quant à remplacement de ce canal, et sur les inductions qu'en ont tirées ses commentateurs Gérard Mercator et Pierre Fontamy, n'est pas admise par tous les savants (1).

XII. — Narbonne était une colonie plus ancienne encore et plus importante que celle de Nîmes. Cette ville, déjà florissante au temps de Polybe (2) , fut colonisée en l'an 636 deRomesousle consulat de Porcius et de Marcius (3). «Dans la même province, dit Cicéron, plaidant pour Fonteius, gouverneur de la Narbonaise, est la ville de Narbo Martius, colonie formée de nos citoyens, sentinelle avancée du peuple Romain, rempart élevé pour lui contre ces mêmes nations » Crassus, Jules César et Tibère traitèrent successivement, la colonie de Narbonne avec une distinction particulière, lui donnèrent des privilèges considérables et favorisèrent son vaste commerce avec les mers orientales, le golfe ibérique et les côtes de l'Afrique et de la Sicile (5). Desproconsuls s'y établirent et la décorèrent d'un Capitole à l'image de celui de Rome, d'un amphithéâtre, d'écoles municipales, de bains, d'aqueducs et d'autres marques de

(1) Voyez les autorités citées dans P Histoire d'Aigues-Mortes, publiée à Paris en 18Zi9, par Furne et Perrotin.

(2) Voyez le Polybe de Schweigauser, liv. III, ch.xxxvn et liv. XXXIV, ch. vi et x. Voyez aussi Y Art de vérifier tes dates, sous l'année 636.

(3) Subinde Porcio marcioque coss. deducta colonia, Narbo Martius (Vell. Pat., II. VIII).

(Zi) Est in eadem provincia Narbo Martius, colonia nostrorum civium spécula populi romani ac propugnaculum, istis ipsis nationibus oppositum et objectum (Oratio pro Fonteio, IV).

(5) Tu maris et merces, et Iberica ditant.

iEquora te classes lybici siculi que profundi (Ausone).

la majesté romaine. Sidoine-Apollinaire décrit en termes magnifiques la colonie de Narbonne (I).

Les habitants de Narbonne, reconnaissants des bienfaits des Romains, signalèrent leur affection et leur fidélité à l'empire par une table de marbre, où étaient inscrites d'un côté la dédicace d'un autel à César Auguste, et de l'autre les conditions de ses sacrifices.

Ausone met Narbonne au-dessus de toutes les villes méridionales, depuisles Alpes jusqu'aux Pyrénées, et attribue aux Gotlis la destruction des magnificences dont il la peint encore revêtue au déclin de l'empire.

XIII. — Une autre colonie latine de la première Narbonnaise, c'est Toulouse, ville très-ancienne dont la fondation est attribuée, selon les uns, à des peuples venus de l'Asie, selon les autres à des peuples indigènes de la Gaule ou aux Ibères (2), et qui, avant l'invasion des Romains, était déjà considérable par le nombre de ses habitants et par a vaste étendue du pays auquel elle commandait. Toulouse était soumise, comme toutes lescités delà Gaule transalpine, à un régime municipal aristocratique (3), lorsque après la fondation de la colonie de Narbonne par Q. Marcius Rex, elle contracta avec les Romains un traité d'alliance, auquel Diodore de Sicile fait allusion en appelant les Toulousains : Vùtjwà&Sot roiç Ponàvqiç (4). Les conditions de ce traité ne sont pas connues, mais il est permis de conjecturer qu'il lut fait sur le pied d'égalité, œquo jure, et que Toulouse

{^Antiquités de la France, p. 678.

(2) Voyez Nicolas Bertrand, Gestes iolosains, Antoine Noguier, Histoire totosainr, CATEL, Mémoire sur l'histoire du Languedoc, l'abbé Dandibert, Antiquités de Toulouse, etc.

(3) Strabon, liv. IV; Savigny, Hist, du droit romain au moyen âge, ch. xi, § 19.

[k) Diodore, Pragra. exccrpt. apud Vales., p. 630.

conserva son autonomie municipale. Ce traité ne dura que sept ans. Toulouse se révolta contre la garnison romaine et fut saccagée par Q. Servilius Cépion. Elle chercha, de nouveau, àsecouer le joug des Romains, mais fut ramenée à l'obéissance par Sylla, qui était alors lieutenant de marine (1). Il est probable que Toulouse fut réduite, à cette époque (vers l'an 750), à l'état de province romaine, in formam provinciœ redacta, si elle ne l'avait été au moment de l'occupation de Cépion. Elle l'était certainement sous le gouvernement de Fonteius, qui ne put l'accabler qu'à ce titre d'impôts arbitraires (2). Elle l'était, dix ans après, quand César faisait la conquête des Gaules ; car on lit dans ses Commentaires (3) qu'il disposait de Toulouse comme d'une ville appartenant aux Romains, qu'il y faisait des levées de troupes et y établissait une garnison.

C'est sans doute à la même époque, que Toulouse, devenue cité provineiale, fut érigée en colonie et obtint la concession du droitde latinité. Elle jouissait de ce droit sous l'empereur Vespasien, comme l'atteste Pline l'Ancien, contemporain de ce prince. L'opinion la plus vraisemblable est qu'il lui fut donné par Auguste (4), lorsqu'il vint, en 727, visiter la colonie de Narbonne et y faire les règlements qui restèrent en vigueur jusqu'à la révolte de Vindex, vers la fin du règne de Néron.

Toulouse, cité latine, a mérité les louanges d'Ausone par la beauté de son site, et la vaste enceinte de ses murailles (5) ; et parmi les hommes illustres auxquels elle a donné naissance, sous la domination romaine, ou cite Antoine IM, dit

(1) Dom Vayssette, llist. générale du Languedoc, tome 1".

(2) Gic, proFonteio, III, IV et V.

(3) De Belto Gallico, lib. VIII, § 7.

(Zi) Hist. des Gaulois, par M. Amédée Thierry, partie II, ch. m. (5) Antiquités de France, p. 671.

Beceo, qui fut, selon Tacite, un des plus grands capitaines de son temps; et les rhéteurs Stathis Surculus, Amilius magrnts, Arborieus, Viclorùuis, etc., mais on n'y trouve pas de vestiges de l'établissement des Romains comparables à ceux d'autres villes de la Gaule Narbonnaise.

XIV. — La Marche espagnole (Marca Hispanica) , qui se composait de quatre peuples, les Sardones, les Consorannis les Big erronés et les Convenœ, appartenait, quant au territoire habité par les premiers, à la première Gaule Narbonnaise, et quant aux territoires habités par les trois autres, à l'Aquitaine. Ces petitspeuples formaient, avant l'invasion des Romains, autant de belliqueuses tribus, commandées par des chefs militaires auxquels Tite-Live donne le nom de Beguliy et qui, selon leshistoriens (1) , s'assemblaient en armes sous la présidence de leurs magistrats, pour y délibérer sur les intérêts communs, et traitaient par des ambassadeurs avec les .autres tribus. Quatre villes principales s'élevaient sur ce petit territoire, établi à l'angle formé par les Pyrénées et la Mer intérieure, et qui a formé depuis la Cerdagne et leRoussillon. C'étaient Salsulis, Buscino, Illiberis, Summo Pyrenœo. Ruscino était le lieu des assemblées générales des quatre peuples pyrénéens : c'est dans cette capitale qu'ils convinrent d'ouvrir passage à Ànnibal venant d'Espagne, etc'està Illibéris, ville voisine, située aussi sur le golfe gallique, que les chefs gaulois se rapprochèrent du général carthaginois. Après l'invasion des Romains, les villes de cette partie de la Gaule Narbonnaise jouirent comme les autres de l'autonomie municipale et se conservèrent leurs sénats locaux, tantôt florissants, tantôt tourmentés par l'avidité des proconsuls , jusque vers l' an hh 0 , où les Visigoths s'établirent parmi eux, après avoir chassé

fi) Hist. du Roussillon, par Jean Gazamola, p. 9.

les Romains et détruit entièrement Ruscino, dont ils ne reste d'autres vestiges que les ruines de l'ancien château. La première Gaule Narbonnaise prit, dès lors, le nom de Gothie ou Septimanie, et fut gouvernée parles nouveaux conquérants qui, moins civilisés que ses anciens habitants, adoptèrent la langue, les lois, les institutions et les mœurs romaines.

§ 2. — De i Aquitaine.

I. — L'Aquitaine était renfermée, au temps de Jules-César, entre la Garonne, l'Océan et les Pyrénées : A Garumna flumine ad Pyrenœosmontes, et eam parlem Oceani quœ ad Hispaniam perlinet. Elle était bornée au levant par la chaîne des Cévennes (1).

Auguste réunit aux Aquitains dix nouveaux peuples établis entre la Garonne et la Loire, et voici, d'après le P. Briet, quels étaient les peuples qui composaient alors l'Aquitaine : Bituriges cubi (Berry), Arver ni liber i (Auvergne et Borrbonnais), Rutheni (Rouergue), Helenteri liberi (Alby), Cadurci (Quercy), Lemovici (Limoges), Gabali (Gévaudau), Veianni (Velay), Bituriges vibisci (Bordeaux) , Santon^s (Saintonge) , Pictones (Poitou) , Petrocorii (Périgord), Ausci (Auch, Lectoure et Aire), Tarbelii (Basques et Béarnai ï) . Convenœ (Cominges, Bigorre et Gonserans.)

Dioclétien divisa en deux régions l'Aquitaine agrandie par Auguste. Cette divison dura jusqu'à Valentinien, qui partagea ce pays en trois provinces, vers l'an 370 : la première Aquitaine (capitale : A varicum, Bourges) , la seconde Aquitaine (capitale Bordeaux) ; et la vieille ou troisième Aquitaine, dite aussi Novempopulanie, des neuf peuples qui

(1) Internis quse premunt aquiianica rura Cebennœ (Ausone)»

l'habitaient au pied des Pyrénées, et ayant Eause pour capitale.

II. — La capitale de l'ancien peuple des Berruyers (Bituriges) et de la première Aquitaine, Bourges (Biturix, Avaricum) , avait des arènes, un amphithéâtre et tout ce qui caractérisait la cité romaine (1). Lathaumassière rapporte dans son Histoire du Berry (2) , un passage de Grégoire de Tours qui fait allusion à un jugement rendu par les chefs delà ville (3). Bourges, dit M. Raynouard (A), est une des cités qui, n'ayant pas été troublées dans l'exercice de leurs droits municipaux, n'eurent jamais besoin de former des fédérations défensives contre des oppresseurs, et jouirent paisiblement de l'antique liberté municipale. Le droit romain n'était cependant pas dominant dans cette province qui était essentiellement régie par la coutume. Mais Lathaumassière (5), quoique peu favorable à la jurisprudence romaine, qu'il appelle, d'après d'Argentré, rixosam et nugatricem, reconnaissait que, dans le silence de la coutume, le droit romain devait être observé. M. Augustin Thierry ((5) remarque que les officiers municipaux des villes du Berry étaient au nombre de quatre, quel que fût leur pouvoir, et il rapporte ce nombre à la division en quatre quartiers qui remonte très-haut, et semble, dit-il, appartenir au castrum des temps romains. Coquille, UistoireduISivenuris, p. 298, considère aussi les bonnes villes de cette contrée, notamment Nevers, ce magasin de César (7), comme dérivant des castra romains.

(1) Gallia Christ., t. il, p. 2.

(2) Livre III, ch. i.

(3) Sententia priniorum urbis.

(Zi) Uist. du droit municipal, liv. IV, ch. i.

(5) Questions sur ta coutume du Berry. Centurie V".

(6) Ancienne France municipale, p. 238.

(7) De Bello Gallico, lib. VII.

III. — Dans le territoire de Bourges étaient Neufvy (N oviodunum) , Argenton (Argentomagum), Issoudun {hsodiuuu}}), Bourg-Déols [Vicus do le n sis) , etc.

Les Arvernes, peuple si puissant, qu'il avait disputé aux Eduens le gouvernement de la Gaule, luttèrent avec énergie contre Jules-César, excités par Gritognat (J) qui leur rappelait, non peut-être sans quelque exagération, que les Cimbres leur avaient laissé leurs droits, leurs lois, leurs champs, leur liberté, tandis que les Romains voulaient, en les réduisant en province, leur imposer le joug d'un perpétuel esclavage; mais l'Auvergne, une fois soumise, fut gouvernée en grande partie par le droit romain, et ses magistrats reçurent les noms de sénateurs, de palrices, de consuls (2). Le sénat d'Auvergne, qui était formé à l'imitation de celui de Rome et qui était, avant l'invasion romaine, plus indépendant des Druides que celui delà cité d'Autun, fut maintenu par une des conditions du traité fait avec César et survécut à la liberté de la nation dont il retraçait l'image. Convaincus d'ailleurs que le moyen d'affermir une domination puissante est de gagner les cœurs, les conquérants n'introduisirent qu'insensiblement et par degrés les lois romaines dans les Gaules. Mais les officiers de l'empire, arbitres des peines et des récompenses, ne laissèrent aux Arvernes que l'ombre extérieure de l'autorité : toute la réalité du pouvoir résida chez les comtes qui, dès l'an MO, usurpèrent le droit de mettre aux fers jusqu'aux sénateurs (3).

(1) Cimbri... jura, leges, agros, libertatem nobis reliquerunt... Romani vero, quid petunt aliud nisi invidia adducti quos famâ nobiles, potentes que bello cognoverunt, his aeternam injungere servitutem... respicere finitimam galliam quss in provinciam redacta jure et legibus commutatis premitur servitute (C/Esar, de Bell. G ail. liv. VII).

(2) Chabrol, sur la coutume d'Auvergne, Dissertation XL

(3) Histoire cC Auvergne, par M. Murât Sestrières.

L'Auvergne se trouva donc régie par un mélange de lois romaines et de coutumes celtiques au-dessus desquelles planait le bon plaisir du gouverneur de la province et des autres officiers de l'empire. Le droit romain domina toujours exclusivement dans la haute Auvergne et régit les villes les plus connues : Aurillac (Aiireliacum) , assise anciennement sur un lac où se trouvaient de petits grains d'or; Saint-Flour (lions Planus) et les bourgs qui dépendaient de ces deux villes romaines. Les villes de la basse Auvergne dont la capitale était Riom (Ricomagum) se gouvernaient par la coutume; d'autres lieux Haient régis en partie par la loi romaine, en partie par la coutume (1).

On remarque dans la haute et la basse Auvergne plusieurs noms de villages ou castra romains : Iciodurum (Issoire) où fut enseveli saint Austremoine, premier évêque d'Auvergne; Musciacum (Moussac) où le sénateur Calvinius fonda un monastère sous le règne de Justinien; Tigurinum castrum (Thiers) ; Violvascensis viens (Volvic) ; Brivale (Brioude) où sont les reliques de saint Julien, martyr; Avitacum sur l'Allier (pont du château) , du nom de l'empereur Avitus qui le donna en dot à sa fille Papianille, femme de Sidonius (2). Le Bourbonnais et sa capitale (Gcrgobina Moulins) dépendaient du pays des Arvernes.

IV. — Dans le pays des Rutheni dépendant de la première Aquitaine, on remarquait la cité de Rodez qui se mêla au soulèvement des Arvernes et des Allobroges et qui fut prise par Fabius Maximus, Milhau (Amilianum) , Saint- Antonin (Castrnm sanrti Antonini) , etc.

(1) Chabrol, sur la coutume d'Auvergne, a donné, dans une dissertation, l'état des lieux qui se régissaient, les uns par le droit écrit, les autres par la coutume ou.par un mélange du droit écrit et de la coutume.

(2) Histoire cCAquitainr,\)2LT LOUVET, p. 133.

V. — La cité d'Albi sur le Tarn et tout le pays des Albigeois [Helenteri liberi) étaient aussi connus des Romains. On remarque, dans ce territoire fertile, Castres (Caslrum) , Rabastens (Rabîstagnum) , Gaillac (Gaillacum), etc.

VI. — Dans la cité de Cahors (Cadurci) apparaissent Ussouldun (h 1 xellodunum) , ville située sur une haute montagne que César eut tant de peine à prendre; Moyssac (M oyssiacus) , Figiac (Figiaatm), Roquemadour (Rocca Amatoris), Castelnau de Bretenous (Caslrum Brunishildis), etc.

VII. — Autour de la cité de Limoges (Lemovicï), se groupaient Briva Curratia (Brives-la-Gaillarde), Calucium castrum (Chalus), Tutellensis vicus (Tulle).

VIII. — La cité de Gévaudan (Gabali) était, sous la domination romaine, Anderetum qui fut ruinée par les Barbares et dont le siège épiscopal fut transféré au bourg de Mende.

IX. — Les peuples du Velay (Velanny) avaient été autrefois sujets des Arvernes; mais après que, sous Auguste, ils eurent édifié une cité, ils se firent peuple à part et furent mis au nombre des cités de la première Aquitaine. Outre la ville du Pu y (Anicium), il y avait dans le Velay le Castrum poliniacum et le Castrum Caleniniacum.

Tel était l'ensemble des cités de la première Aquitaine.

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