‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 139 sur 227 · I. Moulart, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

I. Moulart, ouv. cité, p

Dieu de respecter l'ordre public et d'obéir aux supérieurs légitimement établis ^

Secondement^ l'Eglise doit aussi à l'Etat le secours de ses prières ; et c'est une de ses fonctions d'appeler sur lui et sur ses œuvres les bénédictions du ciel -, et d'affermir ainsi sa puissance dans l'amour réciproque des citoyens et dans la paix commune avec les autres peuples.

Troisièmement^ il est désirable, lorsque les conditions des hommes et des choses le permettent, que l'Eglise consacre, par les rites les plus solennels, les rois et les empereurs, afin de faire descendre sur eux la sagesse d'en haut et de faire rayonner autour d'eux l'éclat et le prestige du pouvoir dont ils sont revêtus.

Quatrièmement^ c'est le devoir de l'autorité religieuse d'user, contre les sujets rebelles, de sévérités et de rigueurs. Les peines spirituelles que cette puissance décrète, obtiennent souvent plus d'effet que les moyens de répression matérielle : elles agissent sur les consciences, et atteignent certaines actions et certaines déterminations qui échappent à la justice humaine.

Cinquièmement^ à tous ces bons offices l'Eglise, dans l'intérêt de l'union avec le pouvoir civil, croit encore devoir ajouter des actes de pure bienveillance. Nous avons vu qu'elle n'hésite pas, dans les grandes calamités publiques, à aider l'Etat de ses ressources pécuniaires ^ Que de fois, pour assurer et consolider la paix, n'a-t-elle pas poussé la conciliation jusqu'aux extrêmes limites, accordant aux princes ou à leurs délégués des honneurs spéciaux, de rares faveurs et d'insignes privilèges en des ma-

1. Voir dans les Mandements des Evêques de Québec celui de Mgr de Pontbriandrelatifàla taxe des blés, celui dcMgr Briand recommandant, lors de l'invasion des Américains au Canada, la fidélité à la couronne britannique ; etc.,

2. Voir ibid. les prières commandées en diverses circonstances pour le Roi et le pays.

3. C'est ainsi qu'en 1758, pendant la guerre qui amena la cession du Canada à l'Angleterre, Mgr de Pontbriand écrivit une circulaire pour engager les curés à donner au roi une partie de leurs dîmes {Mand. des Ev. deQiiéhec, vol. Il, pp. 130-31 ).

tières qui ne touchaient ni à sa constitution ni au jeu essentiel de sa liberté ^ !

L'Etat de son côté, par le fait de l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel, par le fait surtout de l'établissement de l'Eglise du Christ, a contracté vis-à-vis de la société religieuse les obligations les plus graves. Sans sortir de sa sphère, il a le devoir d'embrasser et de professer la vraie religion, de la défendre contre certaines attaques, de combattre et de contenir efficacement ses ennemis et, s'il le faut, de leur infliger de justes châtiments.

C'est là, pour lui, tout d'abord une dette sacrée envers Dieu. Ecoutons sur ce point la parole autorisée de Léon XIII '^ : " Si la nature et la raison imposent à chacun de nous l'obligation d'honorer Dieu et de lui rendre un culte, parce que nous dépendons de sa puissance, et parce que, sortis de lui, nous devons retourner à lui, la société civile est astreinte à une loi semblable. Les hommes réunis en association ne dépendent pas moins de la puissance divine que les simples particuliers. Non moins que l'individu, la société doit rendre grâces à Dieu de qui elle prooède, qui la conserve par sa providence et sa bonté, et à qui elle est redevable des biens sans nombre dont elle est comblée. C'est pourquoi, de uiême qu'il n'est permis à personne de négliger ses devoirs envers Dieu, et que le plus grand de tous les devoirs est de croire et de professer, non pas la religion qui s'adapte le mieux au goût de chacun, mais celle que Dieu luimême a imposée et que les preuves les plus péremptoires montrent être la seule vraie ; de même les sociétés politiques ne peuvent, sans crime, se conduire comme si Dieu n'existait pas, ou traiter dédaigneusement la religion comme si elle était étrangère au bien public et sans intérêt pour lui, ou admettre indifféremment, suivant les caprices du peuple, n'importe quelle relisfion ".

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