I. Encycl. Liber tas prœstaniissiniuni, 20 juin i8S
tre le ^laître suprême et à refuser à Dieu toute obéissance, soit dans la vie publique soit dans la vie privée, soit dans l'ordre surnaturel, soit dans l'ordre naturel. C'est l'école radicale^ celle des matérialistes et des athées qui s'écrient cyniquement avec le maire d'une des plus grandes villes de France : " Pour que l'humanité s'affranchisse, il faut qu'elle renverse Dieu ^ " ; qui n'ont d'autre loi que l'intérêt^ d'autre dogme que la souveraineté inaliénable du peuple, d'autre objectif qu'une liberté sans frein, mère féconde de tous les désordres, de toutes les anarchies, et de toutes les révolutions.
Le second degré du libéralisme marque un peu plus de réserve. Les libéraux de cette catégorie sont des «'^/5/é'^ .• ils admettent volontiers que la liberté, pour ne pas dégénérer ouvertement en licence, doit être soumise à une règle, c'est-à-dire aux préceptes du droit naturel, aux principes d'ordre et de moralité gravés par l'auteur de la nature dans le cœur de tous les hommes. Mais là s'arrête toute leur religion : cantonnés dans ce qu'ils appellent l'autonomie de la raison, ils repoussent avec dédain, ou regardent avec indifférence toute loi positive, toute règle de foi et de morale qu'il peut plaire à Dieu d'imposer par une voie supérieure aux connaissances naturelles. Ce système fait donc abstraction complète de tout le christianisme, de l'Eglise, de ses institutions, de ses droits, et il soustrait à sa divine influence non seulement l'Etat, mais la famille et l'individu lui-même. — Nous sommes encore en pleine infidélité.
Au troisième degré apparaît le libéralisme séparatiste^ c'est-âdire le système hybride de ceux qui, séparant l'homme privé de l'homme public, assujettissent l'un aux directions de l'Eglise, mais prennent bien soin d'émanciper l'autre. D'après ces doctrinaires à double figure, "les lois divines, dit Léon XIII ^^ doivent régler la vie et la conduite des particuliers, mais non celle des
1. Paroles citées par M. Pion, député delà Haute-Garonne, dans un discou prononcé à Lille, le 17 novembre 1901