‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 141 sur 227 · Encycl. Immortale Dei · texte numérisé non relu

Encycl. Immortale Dei

2. Discours prononcé au sacre de V Electeur de Cologne, ler point.

3. Constantin le premier s'attribua ce titre (P. A\\&r à, Julien l'Apostat, t. I, p. 42, 2e éd.).

Ces principes ont-ils prévalu dans notre pays?

Le Canada, ouvert à la civilisation par l'influence française, porta, dès le berceau de la colonie, dans sa double organisation politique et religieuse, l'empreinte de son origine. Tant que la France demeura maîtresse de ces contrées, les rapports de l'Eglise et de l'Etat (sauf, de la part du pouvoir ecclésiastique) un sentiment plus juste de sa suprématie ') s'y modelèrent dans leur ensemble sur ce que pratiquait la mère patrie. Le catholicisme, que le pouvoir civil eût voulu moins rebelle à ses idées et à ses prétentions gallicanes, était religion d'Etat à l'exclusion de tout autre culte. Par une sage prévoyance, les fondateurs en avaient, autant que possible, écarté les hérétiques ^, et cette exclusion, devenue plus rigoureuse à la suite de la révocation de l'édit de Nantes ', pesa sur eux tout le long de la domination française.

Le changement de régime survenu parla loi du sort ou mieux par un dessein d'en haut, ne pouvait ne pas modifier les relations officielles de la société religieuse avec la société civile dominée dès lors par l'influence protestante et sujette à de fréquentes variations dans son esprit et dans ses actes.

Ce que nous avons maintenant (je ne veux parler ici que de la province de Québec plus directement liée à l'ancien régime), ce n'est pas sans doute la séparation complète de l'Eglise et de l'Etat, puisque sur plusieurs points graves il y a entente et alliance entre les deux pouvoirs ; ce n'est pas non plus, vu l'égalité des cultes devant la loi, un système de relations comparable à celui où le catholicisme seul gouverne toute la vie publique. Nous vivons en des conditions mélangées et complexes. L'Eglise le voit et le comprend, et elle se plie à cet état social.

1. Voir l'abbé GoEselin, Vie de Mgr de Laval, 2e P., ch. 16-18: Rôle politique de Mgr de Laval. — Voir aussi, iéfûf. ch. 9, à propos d'une excommunication fulminée par l'évêque contre les vendeurs d'eau-de-vie, un bel exemple d'accord pratique, temporaire il est vrai, entre l'Eglise et l'Etat.

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