I. Jean, X, i
les critiques, malgré les savants, malgré les modernisants, malgré les sectaires, malgré les champions de toute nuance de la libre pensée, voici qu'à cette heure même nous assistons à l'une des manifestations les plus sublimes et les plus grandioses de l'unité de l'Eglise ^ De toutes les parties du monde, de l'Amérique comme de l'Europe, du fond même de l'Asie où le missionnaire et la sœur franciscaine bravent les fatigues de l'apostolat, des contrées sauvages de l'Afrique où le Père Blanc ^ apporte aux descendants de Cham, dans les larges plis de sa robe, la foi et la liberté, des îles lointaines de l'Océanie sur lesquelles les fils de la France viennent d'arborer le drapeau du sacré Cœur, de partout les pensées et les sympathies se tournent vers Rome. Des foules immenses y affluent. Des centaines d'évêques, de milliers de religieux et de prêtres y accourent pour saluer le Chef auguste de la catholicité, pour le féliciter et l'acclamer dans sa vieillesse féconde, pour déposer à ses pieds l'estime et le respect, l'obéissance et l'amour de deux cent millions de fidèles.
Léon XIII, sous l'auréole jubilaire qui nimbe son front et rayonne sur tout l'univers, c'est à la fois le tableau vivant, la démonstration, et le triomphe de l'unité catholique.
L'Eglise est une : elle est de plus 7i'ecessaire. Et cette nécessité n'est, à bien dire, qu'une conséquence logique de son unité qui en fait le seul asile des âmes, le seul royaume fondé et façonné des mains de Dieu pour conduire l'homme à sa fin. On ne peut donc pas, comme le voudraient les indifférents et les sceptiques, la ranger parmi les associations libres ^, nées d'intérêts passagers, et auxquelles il importe peu d'appartenir ou de rester étranger. Elle est la dépositaire des volontés du Sauveur, la continuatrice de sa mission, la dispensatrice de ses grâ-