‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 47 sur 227 · L'Eglise et la société chrétiennes, ch. XIX · texte numérisé non relu

L'Eglise et la société chrétiennes, ch. XIX

plus diverses. La première porte l'empreinte d'un législateur suprême qui, dans sa haute sagesse, a fixé pour jamais sa constitution et ses droits ; la seconde, plus dépendante des volontés humaines et des contingences sociales, varie selon le génie des races et selon le caractère et les besoins de chaque pays.

Un élément de distinction encore plus marqué, c'est la fi7t respective des deux sociétés ; car, nous ne l'ignorons pas, toute société est spécifiée, caractérisée par sa fin. " Bien que composée d'hommes comme la société civile, l'Eglise, dit Léon XIII \ s'en distingue par sa fin . . L'une de ces puissances a pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres, l'autre de procurer les biens célestes et éternels ". Telle est en deux mots, sur cette question vitale, la doctrine catholique; et nos théologiens les plus en renom, par les développements qu'ils y apportent, ne font qu'en préciser et en illustrer le sens. M^'" Cavagnis ^ trace ainsi la ligne de démarcation qui sépare la fin de l'Eglise et la fin de l'Etat: "La fin prochaine et dernière de l'Eglise est strictement spirituelle et surnaturelle; quant à l'Etat, sa fin prochaine est naturelle et temporelle. Le but éloigné de toutes choses est le même ; et dans l'ordre présent de la Providence, même pour l'Etat, c'est la fin surnaturelle de l'homme. Cependant la relation des deux sociétés à cette fin dernière est diverse, parce que le mode, par lequel elles se rapportent à la fin dernière de l'homme, dépend de la nature de leur fin prochaine. Or, cette fin prochaine est, pour l'Eglise, la sanctification des âmes, dont la relation est directe ; c'est-à-dire que, par sa nature, l'Eglise tend à l'acquisition de la fin dernière. Elle est, de plus, une condition indispensable et un moyen suffisant pour l'obtenir. Au contraire, le bien temporel qui est la fin prochaine de la société civile, n'est ni suffisant pour arriver à la fin dernière, ni une condition nécessaire. La fin civile se rapporte à la fin dernière de l'homme dans ce sens

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