Notions de Droit public tio.., pp
4. Voir Cavagnis, Institutiones juris publici eccl., vol. I, n. 224 (3e éd.)
Au moyen âge également plusieurs princes chrétiens professèrent la même doctrine de l'indépendance de l'Eglise vis à-vis de l'Etat Et chaque fois que quelques-uns d'entre eux, théoriquement ou pratiquement, méconnurent cette indépendance, l'Eglise n'hésita pas à stigmatiser leurs empiétements. Qui ne se rappelle la fameuse question des investitures et les luttes mémorables soutenues par l'intrépide pontife Grégoire VII contre l'empereur d'Allemagne Henri IV?
Dans des temps plus rapprochés de nous, qu'a-t-on vu? D'ambitieux monarques, des politiques mal avisés ont cherché de bien des manières à enchaîner la liberté de l'Eglise, notamment par \q placet royal sans lequel, selon eux; les décrets ecclésiastique n'ont au for extérieur aucune valeur. Mais l'Eglise a condamné de tels abus comme contraires à la loi divine ; et, si parfois, sur ce point comme sur tant d'auties, elle a cru devoir tolérer, pour échapper à de plus grands maux, certaines mesures injustes et vexatoires, elle n'en a pas moins toujours réprouvé le principe qui les inspirait. Les encycliques, les allocutions des Papes, celles surtout de Pie IX et de Léon XIII, retentissent des plus fières et des plus expresses revendications.
Ces raisonnements et ces données devraient, semble-t-il, porter la conviction dans tous les esprits. Mais nos adversaires, peu pressés de s'avouer vaincus, aiment à se retrancher derrière des objections qu'ils croient sans réplique.
C'est ainsi que, d'après eux, l'Eglise ne peut prétendre au titre de société parfaite, parce que, mise en face d'une résistance matérielle quelconque, elle est incapable d'assurer par ellemême l'exécution de ses décrets, et qu'elle se trouve alors dans la nécessité d'emprunter ses moyens d'action à la puissance séculière.
La réponse à cette objection est facile. En effet, comme le remarque justement Cavagnis \ il y a deux sortes de moyens à la disposition de l'Eglise, les uns formels, et les autres virtuels.