I. Andisio, ouv. cit., t. II, p
clercs et la classe des laïques, la classe de ceux qui gouvernent et la classe de ceux qui sont gouvernés.
Ces derniers, considérés au point de vue religieux, sont parfaitement égaux entre eux. // f^y a parmi vous^ disait saint Paul ^, nijîiifs ni gentils^ ni esclave ni homme libre. . . car vous n'hèles tous qiî'un en Jésus- Christ. Au pied de la chaire, en présence de l'autel, en face du tribunal où Dieu par son ministre juge et pardonne, les distinctions s'effacent, les rangs se confondent; le riche coudoie le pauvre; l'homme d'Etat se nourrit de la même manne spirituelle que l'homme de peine. Tous jouissent des mêmes droits et sont sujets aux mêmes devoirs.
Ces droits et ces devoirs nous sont connus.
D'une part, puisque l'Eglise avec sa hiérarchie d'ordre et de juridiction a été établie pour le peuple, le peuple peut raisonnablement exiger qu'il soit bien gouverné, qu'on lui communique en temps et lieu tous les secours spirituels, — enseignements, conseils, prières, sacrements, — dont il a besoin pour atteindre sa fin.
D'autre part, c'est son devoir, et un devoir très grave, d'observer fidèlement les préceptes de Dieu et de l'Eglise, de respecter ses pasteurs légitimes, de leur obéir sans prétendre luimême à aucun pouvoir, de puiser dans les trésors de lumière et de grâce mis à sa disposition cette vie morale et surnaturelle qui est la force et l'honneur des consciences.
Toutefois, quoique les laïques ne puissent régulièrement accomplir aucun acte de juridiction ecclésiastique ni aucune fonction cléricale, rien n'empêche que, dans une certaine mesure, ils participent au pouvoir et à l'action de l'Eglise. Ne voit-on pas dans tout corps vivant les membres et les organes subalternes, sous l'impulsion d'organes supérieurs, jouer un rôle effectif et salutaire? De même, "les simples fidèles par leurs prières, leur zèle, leur savoir, leur dévouement, peuvent exercer autour d'eux une sorte de sacerdoce ; ils peuvent, le père de