Conjerenze storico-giuridiche, c
3. Un bel exemple de cette mansuétude nous est offert par le pape Clément IV qui crut devoir tempérer le zèle trop empressé de Saint l/ouis, roi de France, à punir corporellcment les blasphémateurs. |(^aî«^ Louis, par M. Sepet, p. 169).
d'Aquin * que les clercs, voués au ministère des autels, sur lesquels est représentée la passion du Christ s'immolant pour les hommes, ne doivent pas être des hommes de violence, ni des auteurs d'œuvres de mutilation ou de mort. Aussi est-il remarquable que l'Eglise a toujours sévèrement défendu aux juges ecclésiastiques, non seulement de décréter eux-mêmes dans leurs tribunaux la peine de mort, mais encore de prendre part, dans les cours de justice séculière, à une sentence capitale '^
Sans doute, et nous l'avons ailleurs pleinement démontré, l'Eglise est vraiment une société parfaite ; mais cette perfection, si grande qu'on la suppose, ne peut lui donner d'autres droits que ceux qui sont nécessaires ou du moins utiles à l'obtention de sa fin. Dans des conditions normales d'alliance entre l'Eglise et l'Etat, il suffit que l'autorité ecclésiastique établisse par un jugement préalable la gravité du délit dont on s'est rendu coupable, par exemple, d'un acte d'hérésie, et ce crime antireligieux, et pour cela antisocial, pourra être puni de mort par l'autorité civile elle-même ' dont c'est le devoir de protéger, dans la religion, le fondement le plus sûr et le plus indispensable de la société. L'histoire de l'Inquisition est là presque toute entière. Quand, au contraire, comme c'est le cas de nos jours, l'Eglise, dépourvue de toute force matérielle et abandonnée des gouvernements, ne peut rien attendre du bras séculier, elle ne saurait ni par elle-même, ni par le concours du pouvoir civil, infliger la peine de mort. Et en eût-elle le droit que ce serait entre ses mains une arme inefficace et partant inutile.
Rien donc, à nos yeux, ne prouve véritablement l'existence d'un tel droit. Tout au plus admettrons-nous avec Cavagnis * une sorte de pouvoir dévohitif^ dont l'Eglise, par suite de l'ab-