‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 113 sur 199 · Duballet, ouv. cité, pp · texte numérisé non relu

Duballet, ouv. cité, pp

dans la même mesure, ni avec le même succès, cette haute pression morale, et cette dictature de bon aloi à laquelle l'ancienne société était soumise. On ne voit plus les Papes effeuiller du bout de leur sceptre les couronnes flétries par le crime et deshonorées par l'impiété. Ils n'en ont pas perdu le droit; mais ils jugent inopportun l'exercice d'un pouvoir, lequel, sans nul doute, manquerait d'efficacité.

Cela ne veut pas dire que toute intervention religieuse dans les affaires de l'ordre temporel a cessé. Et M. Emile Olivier, partisan déclaré de l'indépendance absolue de l'Etat, s'est trop pressé d'écrire que le concordat conclu entre Bonaparte et Pie VII consacrait "la renonciation de l'Eglise à sa suprématie indirecte sur le temporel, cause des ombrages de l'ancienne royauté 1." En principe, l'Eglise ne peut renoncer à cette suprématie. En fait, elle l'exerce selon le besoin des temps et les conditions variables de la société.

" Nos temps, écrit le chan. Duballet 2, malgré la.haine des ennemis de l'Eglise, ne laissent pas que de nous présenter deux faits frappants de l'intervention du chef de l'Eglise dans les choses temporelles ou de l'exercice proprement dit du pouvoir indirect. Qui ne se souvient du septennat militaire proposé, il y a quelques années, en Allemagne? Que fit le Saint-Siège en cette circonstance ? Il conseilla aux députés catholiques de ne point y mettre opposition et de l'appuyer de leur vote ; et cela dans le but de mettre un terme à la persécution religieuse en ce pays et de favoriser la paix de l'Europe. Le second fait qu'on peut à juste titre alléguer est l'intervention de Léon XIII dans les questions de politique intérieure concernant la forme gouvernementale et l'adoption de la république en France. Dans l'un et l'autre cas, il s'agit de questions d'ordre politique et temporel ; néanmoins, le Pape intervient comme chef de l'Eglise pour

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