Duballet, ouv. et t. cit., p
superstitions incohérentes, l'Eglise n'a pas voulu qu'elle 'fût privée des quelques pratiques de religion auxquelles elle s'adonne encore.
Les lois ecclésiastiques permettent aux Juifs de conserver les synagogues déjà autorisées, mais non d'en ériger de nouvelles ni d'en avoir> ordinairement, plus qu'une dans la même localité. Quand une synagogue menace ruine, elle peut être réparée ou reconstruite en entier, pourvu qu'on n'ajoute rien qui la rende plus belle ou plus riche. Défense, d'ailleurs, est faite aux chrétiens de prendre part à ces constructions et à ces réparations. 1
Les synagogues ainsi que les cimetières juifs sont inviolables. Et la protection dont l'Eglise romaine couvre les édifices consacrés au culte mosaïque, elle l'étend, à plus forte raison, sur ce culte lui-même. Elle veut que les Juifs puissent y vaquer librement, qu'il leur soit loisible d'observer leurs rites et leurs usages religieux, de célébrer le sabbat et les fêtes de l'antique alliance : à la condition toutefois qu'ils s'abstiennent de donner à ces pratiques une publicité plus qu'usuelle, qu'ils évitent avec soin toute cause de scandale, de trouble, et d'irritation parmi les chrétiens, et qu'ils ne nuisent en rien au cuite catholique. 2
Telle a été en droit, et telle a été aussi en fait l'attitude clémente et prudente de l'Eglise à l'égard des Juifs. 3 Comment ceux-ci ont-ils répondu à cette conduite loyale et à ces règlements tutélaires, Grégoire XIII va nous l'apprendre : 4 u Le Saint-Siège, dit-il, soucieux de leur conversion, les accueillit misérieordieusement et les laissa habiter avec ses propres sujets, s'efïorçant de les attirer par de pieux procédés à la lumière de la vérité, leur fournissant les choses nécessaires à la vie, les protégeant contre les affronts et les injures, sans parler de beaucoup d'autres gages de bienfaisance dont il les entoura. Eux, ne se laissant adoucir par aucun bienfait, n'omettent rien