‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 153 sur 199 · Pastor, ouv. cit., p · texte numérisé non relu

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avec Rome, et l'esprit religieux de ses institutions, n'est-ce pas aux rigueurs inquisitoriales qu'il le doit ?

En France, les doctrines hérétiques eurent plus libre cours et causèrent, nous le savons, plus de troubles. Le protestantisme français se montra remuant, agressif, séditieux. Ses agissements et ses progrès inquiétaient au plus haut point le chef de l'Eglise, Pie V, qui s'en ouvrit dans plusieurs lettres. " Le vandalisme des Huguenots était notoire. On ne parlait que de prêtres massacrés, d'églises pillées, profanées, incendiées, détruites, partout où ils passaient en armes. Et ce n'était là, dit le pontife, que les moindres de leurs forfaits. Ils avaient osé attenter à la dignité royale et essayé de s'emparer de Charles IX. La perturbation qu'ils jetaient dans l'Etat et leurs attaques dirigées contre la religion catholique formaient des crimes de lèse-majesté à la fois humaine et divine 1 ". On a peint en quatre mots la situation faite à la France par les menées protestantes : " conspiration à l'intérieur, complicité à l'étranger, révolution sociale et religieuse, usurpation féodale et politique 2 ".

Pie V, tout préoccupé de conjurer de si grands maux et de conserver à la France son unité religieuse et nationale, ne se fit pas faute d'exciter et de réchauffer le zèle de Charles IX contre les hérétiques, " tout en demandant qu'on leur fît une guerre ouverte et qu'on les châtiât d'après les lois existantes 3 Grégoire XIII, son successeur, ne pensa pas autrement ; et l'histoire, pièces en main, démontre que, si ces deux pontifes

1. Vacandard, Etudes de critique et d'histoire religieuse: Les Papes et la Saint- Barthélémy ', p. 229.

2. Le comte de Falloux, Hist. de saint Pie V, t. I, p. 221 (2e éd.) .

3. Vacandard, ibid. p. 239. — Quelques lignes auparavant, l'érudit écrivain parle avec un certain mépris des idées médiévales de Pie V, renouvelées, ditil, des Hébreux, et qui ne sont qu'une forme passagère de la pensée humaine. Si ces idées n'eussent fait place dans la société au libéralisme né de l'amoindrissement du principe d'autorité, on ne verrait pas de nos jours le pouvoir civil subir tant de hontes, ni la France chrétienne se débattre, meurtrie et pantelante, sous la botte des juifs et des francs-maçons. — Il est bon de rappeler

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