Ibid
2. Nul, mieux que l'illustre cardinal Pie, évêque de Poitiers, honoré d'une si haute estime par Pie IX et par Léon XIII, n'a traité toutes ces graves questions de droit social chrétien. Nous recommandons particulièrement au lecteur l'histoire de ce grand évêque écrite, d'une façon si pondérée et si consciencieuse, par Mgr Baunard.
tromper par des dehors d'honnêteté sous lesquels ces libertés se présentent. Ils se rappelleront de quelles sources elles sont sorties, et à quels procédés elles doivent un peu partout leur maintien et leur progrès. L'expérience a déjà fait suffisamment connaître ce que les sociétés peuvent en attendre, et quels justes regrets elles inspirent aux hommes sages et probes 1. "
Secondement, non seulement les catholiques, dans l'appréciation de l'état social moderne, doivent conformer leur pensée à celle de l'Eglise, mais il leur faut encore, à l'exemple des sou. verains Pontifes eux-mêmes, saisir toutes les occasions d'affirmer, sans amoindrissement, les vrais principes 2, et de revendiquer, sans faiblesse, leurs droits les plus essentiels. Il y a dans l'affirmation logique et constante de la vérité une vertu propre. C'est la clarté qui illumine, le sillon qui se creuse, la semence qui tombe sur le sol et finit par croître et porter ses fruits. Le plus sûr moyen de sauver la société est encore de lui dire ce qu'elle doit être, et de lui montrer l'idéal où elle doit tendre.
Troisièmement, il ne faut donc pas, avec l'empressement qu'y mettent les catholiques libéraux, abdiquer tout espoir d'assister un jour à la réalisation de cet idéal, et prendre gaîment son parti de la situation fâcheuse faite dans la société à la vraie religion et à la vraie Eglise. Cette attitude sans vaillance et sans noblesse n'est pas digue de croyants sincères et de soldats généreux du Christ. Et au reste, de quel droit vient-on nous dire que le règne social de Jésus-Christ ne peut plus être restauré, que son trône ne peut plus être relevé, que l'homme superbe et rebelle l'emportera irrévocablement sur Dieu? L'ère des per séditions n'était-elle pas plussombie que la nôtre, et leGaiilétn honni n'a-t-il pas triomphé? Ou bien faudra-t-il croire que le