‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 171 sur 199 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

religieuses profondes, une grande force d'âme, l'union solide des esprits et des volontés.

La conviction naît de l'étude, de l'examen approfondi d'une question. C'est en étudiant leur religion, et en se pénétrant bien des vérités qui forment le domaine de la foi et qui règlent la constitution divine de l'Eglise, que les catholiques acquerront cette fermeté de principes sans laquelle ils ne sauraient remplir efficacement leur mission. Leur foi religieuse les rendra zélés pour la cause de Dieu, inébranlables en face de l'ennemi, hostiles à toute maxime et à toute manœuvre libérale, se rappelant " qu'il n'est pas permis d'avoir deux manières différentes de se conduire, l'une en particulier, l'autre en public, de telle sorte que comme individu on se soumette à l'autorité de l'Eglise, en la rejetant comme citoyen K "

ï. Ibid. — Sous prétexte de combattre le catholicisme libéral que nous visona ici, il ne faudrait ceptndant pas créer une nouvelle forme de catholicisme et tomber dam un nouveau genre d'erreur. Le " catholicisme intégral " préconisé par certains écrivains de l'ancien et du nouveau monde, a été justement condamné par S. S. Benoît XV (encycl. Ad beatissimi apostolorum) . Et avant même cette condamnation officielle, des hommes de doetrine tels que le chanoine Gaudeau le dénonçaient en ces termes : "Le danger serait dans la généralisation (hors un ordre de l'autorité suprême) d'une étiquette permanente de groupement qui modifierait, bon gré mal gré, le nom traditionnel de catholiques, lequel dit tout. Ce qui serait moins bon encore, ce sont certaines raisons par lesquelles on voudrait étayer cette nouveauté, et qui, logiquement poussées, n'iraient à rien de moins qu'à infirmer la valeur de la doctrine et de la démonstration traditionnelle de la catholicité elle-même de l'Eglise. Enfin, le pire de tout, c'est la méthode qui résulterait de cet ensemble : méthode de légèreté peu scientifique dans la controverse, attitude exclusive de polémique violente, personnelle et hargneuse, apparentement plus ou moins avoué aux coteries politiques qui emploient ces méthodes, enfin absence de cette mesure, de ce tact, de cette sophrosynè dont saint Paul fait l'assaisonnement indispensable de la sagesse et de la sainteté elle-même, à plus forte raison de la controverse apologétique" {La Foi catholique, 25 mai 1914.) La mentalité intégraliste nous a paru en effet, dans plusieurs de ses manifestations, faite d'esprit de clan, d'outrance, et d'outrecuidance. Et persister davantage, pour désigner le catholicisme, dans l'emploi d'un qualificatif lié à des méthodes blâmables, et à une notion fausse et corruptrice de la foi, de son objet formel et de sa catholicité, et répudié par le Pape lui-même, ne serait plus, au fond,

La certitude de l'intelligence s'appelle conviction ; l'énergie de la volonté se nomme caractère: ce sont deux éléments indispensables à l'action chrétienne. Fiers et fermes autant que convaincus, les catholiques doivent faire passer la religion avant l'intérêt, le devoir avant le succès, la probité avant la popularité. Que la politique soit pour eux surtout, non un marchepied, ni un instrument de lucre, mais une arme honnête et puissante pour soutenir, à la tribune ou dans la presse, la cause sacrée de Dieu et de l'Eglise. Ils se garderont d'amoindrir par des concessions faciles, et par un système de conciliation complaisante et résignée, le patrimoine des droits et des saines libertés religieuses. Ils se souviendront que la paix, une paix digne de ce nom, repose non sur le sacrifice de ces libertés, mais sur le respect de la justice 1 et la fidélité à tous les devoirs. Ils n'encourageront que la bonne presse, les journaux franchement dévoués aux intérêts de la foi chrétienne. Partout, mais là surtout où ils ne forment qu'une minorité, ils se concerteront, ils s'organiseront ; ils ne croiront pas avoir assez fait, en déclarant, le front baissé, qu'il faut obéir à la loi du nombre même la plus injuste, même la plus brutale, et fléchir docilement le genou devant une majorité tyrannique et triomphante. u La lâcheté des chrétiens est d'autant plus blâmable, que souvent il faudrait peu de chose pour réduire à néant les accusations injustes et réfuter les opinions erronées; et, si l'on voulait s'imposer un plus sérieux labeur, on serait toujours assuré d'en avoir raison. Après tout, il n'est personne qui ne puisse déployer cette force d'âme où réside la propre vertu du chrétien: elle suffit souvent à déconcerter les adversaires et à rompre leurs desseins. De plus, les chrétiens sont nés pour le combat." 2

que de 1 obstination sectaire. C'est pour maintenir l'intégrité de la doctrine catholique que Benoît XV a proscrit dans un acte solennel le catholicisme intégral.

Page 1