‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 81 sur 199 · Lettre apost. Et si multa · texte numérisé non relu

Lettre apost. Et si multa

tant sujet. Il y a même consacré une lettre spéciale, l'encyclique Diuturnum, où, avec cette hauteur de pensée et cette magnificence de style qui lui sont propres, il fait voir que l'autorité vient de Dieu, que l'origine divine du pouvoir lui assure un prestige, une majesté, des titres qui sont sa meilleure sauvegarde, que c'est le devoir de tout citoyen de rendre aux souverains temporels l'honneur qui leur est dû et d'obéir à leurs lois, aussi longtemps que ces lois ne heurtent pas les droits de la conscience. Parlant des premiers chrétiens, Léon XIII ajoute :

Il nous ont donné à cet égard d'admirables leçons : tourmentés avec autant de cruauté que d'injustice par les empereurs païens, ils n'ont jamais failli au devoir de l'obéissance et du respect, à tel point qu'une lutte semblait engagée entre la barbarie des uns et la soumission des autres. Une si belle conduite de leur part, et une résolution si arrêtée de demeurer fidèles à leurs devoirs de sujets, défiaient la calomnie et confondaient la malice de leurs ennemis. Aussi ceux qui entreprenaient auprès des empereurs l'apologie publique du christianisme, n'avaient pas de meilleur argument, pour établir l'iniquité des mesures prises contre les chrétiens, que de mettre sous les yeux de tous leur vie exemplaire et leur respect des lois. Marc-Aurèle et son fils Commode entendaient Athénagore leur adresser hardiment cette apostrophe : "Nous qui ne faisons rien de mal, nous qui de tous vos sujets sommes les premiers à remplir et envers Dieu et envers vous-mêmes les devoirs de la piété et de la soumission, c'est nous que vous laissez poursuivre, dépouiller, disperser.'' i Tertullien, à son tour, faisait ouvertement aux chrétiens un mérite d'être pour l'empire les meilleurs et les plus sûrs amis: "Le chrétien n'est l'ennemi de personne; comment le serait-il de l'empereur qu'il sait établi par Dieu, qu'il a pour cela le devoir d'aimer, de révérer, d'honorer, dont enfin il doit souhaiter la prospérité avec celle de tout l'empire? " 2

Je ne puis me défendre de rapprocher de ces paroles des anciens apologistes le langage non moins sage, et non moins respectueux des pouvoirs publics, tenu à différentes époques par nos évêques canadiens.

Dès les débuts du régime anglais au Canada, l'illustre évêque de Québec, Mgr Briand, inaugurait en des termes d'un haut patriotisme les traditions de loyauté et de fidélité à la couronne

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