‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 88 sur 199 · Dans Moulart, ouv. cit., 4e éd , p · texte numérisé non relu

Dans Moulart, ouv. cit., 4e éd , p

liberté et la paix " ! 1 Le même souci des droits et de l'indépendance de l'Eglise anima Boniface VIII aux prises avec Philippe le Bel et, plus tard, ses successeurs dans leurs luttes contre le gallicanisme français et le joséphisme autrichien.

D'autres fois, le plus souvent même, l'autorité religieuse dut s'armer contre le dérèglement des princes et opposer à leurs passions frémissantes la digue des lois divines et de la morale évangélique. " Les Papes, observe de Maistre 2, ont lutté et pouvaient seuls lutter sans relâche pour maintenir sur les trônes la pureté et l'indissolubilité du mariage, et pour cette raison seule, ils pourraient être placés à la tête des bienfaiteurs de l'humanité." Depuis Nicolas Ier réprouvant l'union adultère de Lothaire avec sa maîtresse jusqu'à Pie VII refusant, malgré les instances de Napoléon, de sanctioner le divorce de son frère Jérôme et plus tard le divorce de l'empereur lui-même, n'est-ce pas un spectacle bien digne d'admiration que celui de tant de Pontifes mis en face des plus hautes puissances terrestres et maintenant, sans se laisser fléchir ni par les promesses ni par les menaces, l'inviolabilité du droit divin?

Une des plus récentes, et non des moins émouvantes manifestations de cette sereine fermeté des papes dans leur résistance aux prétentions et aux agressions du pouvoir laïque, c'est la protestation échappée naguète à Léon XIII 3 en faveur des Congrégations religieuses de France, protestation où l'éminent pontife, après avoir exhalé sa tristesse et affirmé le droit méprisé et foulé aux pieds, rappelle aux religieux l'exhortation sublime de l'Apôtre : Triomphez dît mal par le bien 4.

C'est la formule de la vengeance chrétienne.

Dans toutes ces disputes, et dans tous ces conflits de deux pouvoirs faits pour s'unir, mais trop souvent divisés, rien, de

1. Mgr Darboy, Saint Thomas Becket, sa vie et ses lettres, d'après le Rév. J.-A. Giles, t. II, chap. 38 (2e éd.).

Page 1