Moulart, ouv. cit., p
l'autorité sacrée des pontifes et la puissance royale. Et la charge des pontifes est d'autant plus pesante, qu'au jugement de Dieu ils devront rendre compte des rois eux-mêmes. " Toute la tradition catholiqne est contenue dans ces paroles.
Aussi Léon XIII, dans une de ses lettres, 1 après avoir proclamé l'indépendance absolue de l'Eglise dans son domaine propre, rnontre-t-il comment cette doctrine a obtenu " l'adhésion théorique et pratique des princes et des chefs d'Etat, lesquels dans leurs négociations et dans leurs traités, soit en envoyant et en recevant des ambassadeurs, soit par l'échange d'autres bons offices, ont constamment agi avec l'Eglise comme avec une puissance souveraine. " Des monarques protestants eux-mêmes, reçus en audience par le vicaire du Christ, ont abaissé leur front devant ce pouvoir auguste, et en ont subi le prestige et officiellement reconnu l'incomparable majesté.
Deux hommes, dans les temps modernes, représentent au plus haut degré l'orgueil triomphant et l'absolutisme envahissant du pouvoir séculier : Louis XIV et Napoléon Ier.
Or, "si conciliante qu'elle fût, la cour de Rome n'a jamais capitulé devant Louis XIV sur le terrain spirituel " 2. Innocent XI n'a-t il pas condamné les ordonnances du puissant monarque sur la régale? N'a-t-il pas cassé les actes de l'assemblée gallicane, convoquée par appel royal ? N'a-t-il pas, et son successeur tout comme lui, refusé leurs bulles aux ecclésiastiques qui prirent part à ce conciliabule et dont le roi de France prétendait faire des évêques? Les évêques nommés par le roi ne durent-ils pas signer une rétractation, et lui-même, par une soumission qui causa en Europe une sensation profonde, ne renonça-t-il pas à faire exécuter l'un de ses édits prescrivant l'enseignement des quatre articles de .1682 3?
Napoléon, plus encore que Louis XIV, voulut jouer à l'autocrate et tenir l'Eglise dans sa main de fer. Cette main, forte de