‹ Droit public de l'égliseChapitre 201 sur 241 · Garneau, Histoire du Canada, t. I, p. 191 (4e éd · texte numérisé non relu

Garneau, Histoire du Canada, t. I, p. 191 (4e éd

aux plaintes qui montaient vers lui une oreille bienveillante. Du treizième, le taux fut abaissé par l'Evêque jusqu'au vingtième, pour sa vie durante Puis, l'opposition persistant toujours, il fit de nouvelles concessions, et finit par suggérer ^ une intervention de l'Etat, laquelle aboutit au règlement de 1667, fixant pour vingt ans la dîme au vingt-sixième. C'est cet acte, modifié ou interprété par l'usage ", qui servit de base à l'édit de 1679 et à l'arrêt du Conseil d'Etat de 1707, décisions pertinemment commentées par nos meileurs historiens et juristes, M. l'abbé Gosselin, M. P. B. Mignault, l'hon. Thomas Chapais, et où la dîme reçut sa forme et sa sanction définitives*.

Nous ne prétendons pas que ces décrets, établissant pour toujours l'impôt de la dîme sur la base du vingt-sixième, répondaient parfaitement aux vues de l'autorité ecclésiastique ^\ Et le ton et le texte des documents officiels montrent assez quel vent de régalisme et d'autoritarisme soufiiaient alors, trop souvent, dans les sphères gouvernementales non seulement de la France, mais encore du Canada. Les évêques, toutefois, se montrèrent de bon compte; ils mirent à accepter, et à faire fonctionner l'état de choses établi, tout le zèle clairvoyant et toute la modération judicieuse qu'on pouvait attendre d'hommes aussi éclairés et aussi désintéressés.

Ces belles dispositions d'âme éclatent particulièrement en deux ordonnances de Mgr de Saint-Vallier. L'une ayant pour but de sauvegarder le droit contre des transgresseurs oublieux ou réfractaires, rappelle à ces derniers combien étroite est l'obligation de payer la dîme, obligation imposée « par les lois naturelle, divine, ecclésiastique et civile^' » ; c'est le langage de la justice. L'autre prend en considération les motifs personnels allégués contre le paiement de la dîme, et elle abandonne aiix curés « le pouvoir d'examiner leurs paroissiens sur leur insolvabilité et de faire avec eux tel accommodement qu'ils jugeront à propos ^ » : c'est le langage de la charité.

De cette charité, accommodante et discrète, d'éloquents témoignages nous ont été tansmis par les annales et les traditions de nos

i. Mandeinenis des Ev. de Québec, vol. I. pp. 47 et 160.

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